Le député provincial et Vice-président de l’Assemblée provinciale du Mai-Ndombe David Bisaka condamne l’attitude du gouvernement central dans la gestion des conflits au territoire de Kwamouth, foyer des incursions menées par le groupe rebelle Mobondo.
Dans son intervention de ce mercredi 05 février, sur les antennes de Top Congo FM, l’élu de Kwamouth a demandé au gouvernement central d’intéresser le gouverneur de province ainsi que les leaders du coin, notamment les députés nationaux et provinciaux dans le processus de la paix dans le territoire du Kwamouth.
« Le dossier de Mobondo se trouve maintenant au niveau du gouvernement central. Toutes les décisions concernant ce dossier viennent de Kinshasa. Les généraux, capitaux, majors… qui sont affectés à Kwamouth mènent des opérations sans même que le gouvernement de province [ du Mai-Ndombe ] ne soit au courant. C’est ça notre premier problème. Les généraux provenant de Kinshasa ne passent pas à Inongo chez le gouverneur et démarquent directement à Masambio et commencent à mener des opérations, on a du mal a suivre de près ce que font ces militaires. Nous en tant que législateur, nous surveillons les actions du gouverneur et son gouvernement, mais qui malheureusement ont perdu aussi la pédale et le contrôle de ce dossier depuis que la présidence de la République a pris la décision de réunir autour d’une table les deux communautés. On ne nous intéresse pas, même quand ils ont envoyé les gens en mission à Kwamouth pour réconcilier les deux communautés, nous avons suivi tout ça à travers les médias et les réseaux sociaux. Nous [ étant que législateur ], nous ne pouvons qu’interpeller le gouverneur parce que les opérations se passent dans sa province sans qu’il ne soit consulté. C’est ça le souci des députés provinciaux du territoire de Kwamouth », a- fustigé le député provincial David Bisaka.
Et d’ajouter: « je viens d’être avec le gouverneur récemment à Kwamouth pour qu’il pointe du doigt les réalités du terrain. Il a vu ce qui passe et a échangé avec les militaires. Mais le gouverneur a des difficultés de joindre un colonel au téléphone qui est par exemple à Kinsele et si par hasard il le joint pour avoir des informations, le colonel se permet de lui dire de patienter afin qu’il appelle d’abord Kinshasa »
Prise en charge des victimes des atrocités de Mobondo à Kwamouth
David Bisaka a par ailleurs indiqué que le gouvernement provincial s’emploie avec les moyens de bord pour assurer la prise en charge des victimes des atrocités de Mobondo. Il a également insisté sur l’intervention du gouvernement central pour une bonne prise en charge.
« Le gouverneur de province Nkoso Kevani Lebon, avec le peu de moyens qu’il dispose, il essaie de poser des actions nécessaires. je viens de vous dire que j’étais avec lui à Kwamouth pour visiter les déplacés. Durant notre séjour, il a demandé à l’OMS un lot important de médicaments pour le traitement des déplacés. Moi-même, j’étais du 29 au 31 décembre 2024 à Bandundu-ville pour remettre des vivres aux déplacés qui se trouvent là bas, mais ce n’est pas suffisant, le gouvernement central doit intervenir », a-t-il dit.
Faudra-t-il négocier avec les Mobondo ?
Pour David Bisaka, la négociation avec les Mobondo n’est pas une bonne option, car pense-t-il que ces miliciens mènent des actions criminelles similaires à celles des rebelles du M23 au Nord-Kivu.
« La négociation avec les Mobondo est un risque parce qu’au cours de mon dernier entretien avec les chefs coutumiers, on a qualifié cette milice de Mobondo comme une rébellion. Au niveau des villages, on appelle déjà des rebelles. On les appelle ainsi parce que le M23 extermine la population et les militaires en attaquant les biens publics, c’est la même chose que font les Mobondo qui attaquent même les positions des militaires » a-t-il expliqué.
Quelles sont les propositions pour mettre fin à cette guerre ?
Le numéro 2 de l’APM a demandé au président de la République de s’impliquer personnellement dans ce problème pour des solutions rapides. Il a demandé au gouvernement d’intéresser les élus dans la gestion de cette crise tout en rappelant que la paix n’est pas une faveur mais plutôt un droit.
Pour cloture son discours, il a appelé à une collaboration entre les commandants de l’armée affectés à Kwamouth et les autorités provinciales du Mai-Ndombe.
Abdias SHINGA
