Le gouvernement congolais a décidé de suspendre les activités académiques de l’année 2026-2027 dans plusieurs établissements publics de Goma et de Bukavu. Cette mesure intervient dans un contexte marqué par des nominations effectuées, au début du mois d’août, par l’AFC/M23 au sein de certaines institutions de l’Enseignement supérieur.
Les établissements concernés sont notamment l’Université de Goma ( UNIGOM ), l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de Bukavu, l’Institut supérieur de commerce (ISC) de Goma, l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) de Goma ainsi que l’Institut supérieur de développement rural (ISDR) de Bukavu.
Selon les autorités congolaises, les nominations annoncées le 7 août 2026 par l’AFC/M23 dans ces établissements sont nulles et ne produisent aucun effet juridique. Kinshasa rappelle que la gestion et la nomination des responsables des institutions publiques relèvent exclusivement de l’État congolais.
Dans le même temps, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a pris des sanctions contre 48 enseignants et agents accusés d’avoir accepté des fonctions ou prêté allégeance à l’AFC/M23. Une décision ministérielle signée le 21 août 2026 prévoit notamment la suspension de leurs rémunérations et leur retrait des listings de paie, en attendant la poursuite d’une procédure de révocation.
Parmi les personnes concernées figurent 28 professeurs, 12 chefs de travaux, trois assistants ainsi que cinq autres agents, dont des personnels administratifs et des docteurs.
Face à la suspension des activités académiques dans les établissements concernés, le ministère prévoit également un mécanisme de relocalisation des étudiants vers des zones considérées comme sécurisées. L’objectif est de leur permettre de poursuivre leur cursus malgré l’arrêt des cours à Goma et à Bukavu.
À travers ces différentes mesures, le gouvernement congolais entend réaffirmer son autorité sur les institutions publiques situées dans les zones affectées par le conflit. Cette décision constitue ainsi une riposte administrative de Kinshasa face aux tentatives d’implantation de l’AFC/M23 dans les structures civiles et académiques de l’Est de la République démocratique du Congo.
Matthieu BEYA
