Le gouvernement de la République démocratique du Congo dénonce l’instauration de frais scolaires dans les zones du Nord-Kivu sous contrôle de l’AFC/M23, estimant que cette mesure porte atteinte au principe de gratuité de l’enseignement primaire public.

Dans un communiqué publié le 4 septembre 2026, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté affirme avoir pris connaissance d’un document daté du 28 août, présenté comme un arrêté provincial et diffusé dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Ce document fixe différentes contributions à la charge des parents pour l’année scolaire 2026-2027.

Selon les informations contenues dans cette décision, des frais trimestriels seraient imposés aux parents d’élèves. Au niveau primaire, les montants varient entre 5 000 et 45 000 francs congolais par élève et par trimestre. Dans le secondaire, les frais pourraient atteindre 240 000 francs congolais par trimestre dans certaines filières techniques et professionnelles. Les paiements seraient notamment effectués via la CADECO.

Face à cette situation, le gouvernement congolais rappelle que l’article 43 de la Constitution garantit l’obligation et la gratuité de l’enseignement primaire dans les établissements publics.

Le ministère précise qu’aucun frais ou contribution obligatoire, quelle que soit sa dénomination, ne peut être exigé des parents d’élèves du primaire public. Ces contributions ne peuvent notamment pas conditionner l’inscription, l’accès aux cours ou le maintien d’un enfant à l’école.

Kinshasa affirme par ailleurs continuer à prendre en charge les salaires et primes des enseignants concernés ainsi que les frais de fonctionnement prévus pour les établissements scolaires et les bureaux gestionnaires.

Le gouvernement appelle donc à la cessation de toute perception obligatoire auprès des parents d’élèves du primaire public et rappelle qu’aucun enfant ne doit être exclu de l’école pour défaut de paiement.

Cette dénonciation intervient alors que les populations vivant dans les zones affectées par le conflit font déjà face à d’importantes difficultés économiques et sociales. Pour Kinshasa, le contexte sécuritaire ne saurait remettre en cause le droit des enfants congolais à l’éducation.

Le ministère insiste ainsi sur le fait que la gratuité de l’enseignement primaire public demeure applicable à tous les enfants congolais, où qu’ils se trouvent sur le territoire national.

Matthieu BEYA

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