Pour le président du parti Ensemble pour la République et membre de la plateforme C64, Moïse Katumbi, les difficultés auxquelles fait face la République démocratique du Congo ne découlent pas de la Constitution, mais plutôt de la mauvaise gouvernance et de l’incompétence des dirigeants.
Réagissant au débat sur un éventuelle changement de la Constitution, l’opposant estime que le texte fondamental de la RDC n’est pas responsable des problèmes de développement du pays.
«« Ce n’est pas la Constitution qui bloque le développement, mais l’incompétence », a-t-il déclaré.»
Pour appuyer son argumentaire, Moïse Katumbi s’interroge sur les priorités de la gouvernance actuelle. Il cite notamment les rémunérations élevées de certains responsables politiques, les difficultés d’accès à l’électricité et à l’eau potable, ainsi que l’insécurité persistante.
«« Est-ce que c’est la Constitution qui nous demande de ne pas donner de l’électricité à la population congolaise ? De ne pas lui donner accès à l’eau potable ? Non. C’est l’incompétence », a-t-il insisté.»
L’ancien gouverneur du Grand Katanga affirme également que la Constitution de 2006 est un acquis qu’il faut préserver. Opposé à toute initiative visant à la modifier, il estime qu’un tel débat pourrait fragiliser la cohésion nationale.
«« Toucher à la Constitution, c’est risquer de diviser le pays. Je suis pour l’unité nationale », a-t-il soutenu.»
Sur le plan de la gouvernance, Moïse Katumbi déplore une justice qu’il juge insuffisamment indépendante et dénonce l’ingérence politique dans son fonctionnement. Selon lui, les difficultés économiques, l’insécurité et la pauvreté sont avant tout les conséquences d’une mauvaise gestion de l’État.
Évoquant la situation économique, il juge insuffisant le budget national de 18 milliards de dollars pour un pays aux immenses ressources naturelles et estime que la RDC pourrait faire beaucoup mieux avec une gouvernance efficace.
Enfin, l’opposant a appelé les Congolais à garder espoir et à ne pas céder au découragement.
«« Gardez espoir et n’ayez pas peur. Continuons à croire en Dieu. Mais, comme le dit le proverbe, aide-toi, et le ciel t’aidera », a-t-il conclu.
En République démocratique du Congo, le débat sur l’avenir de la Constitution continue de diviser la classe politique. Tandis que la majorité présidentielle défend l’idée d’une nouvelle Constitution, estimant qu’elle permettrait d’adapter les institutions aux réalités actuelles du pays, l’opposition reste fermement attachée au maintien de la Constitution de 2006. Pour ses leaders, dont Moïse Katumbi, les difficultés que traverse la RDC relèvent avant tout de la gouvernance et de l’application des lois existantes, plutôt que du texte constitutionnel lui-même.
Matthieu BEYA
