Le Front Anti-Dialogue a saisi le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin de solliciter la mise en place d’une Commission « vérité, réconciliation et justice transitionnelle » avant toute éventuelle convocation d’un dialogue national. La plateforme estime qu’une paix durable ne peut être construite sans l’établissement de la vérité, la reconnaissance des victimes, la justice et la réparation.
Dans un communiqué signé dimanche 2 août à Kinshasa par son porte-parole général, Héritier Ekoto Isasi, parvenu à Mai-ndombenews.net, le Front Anti-Dialogue affirme que la République démocratique du Congo doit, au préalable, faire toute la lumière sur les violences qui ont marqué son histoire récente. Selon la plateforme, aucun processus politique ne peut conduire à une réconciliation durable sans un travail approfondi de vérité, de justice et de réparation.
Le Front Anti-Dialogue souligne que la RDC demeure affectée par les conséquences des guerres, des rébellions, des graves violations des droits humains, des déplacements forcés ainsi que des crises politiques successives. Il estime qu’un nouveau dialogue organisé sans clarification des responsabilités risquerait de reproduire les insuffisances des précédentes initiatives.
Dans sa correspondance adressée au chef de l’État, la plateforme propose la création d’une commission indépendante, crédible et représentative. Cette structure aurait notamment pour mission d’établir les faits sur les violences commises en RDC depuis 1996, de reconnaître les victimes, d’identifier les responsabilités et de recommander d’éventuelles poursuites judiciaires.
Elle devrait également proposer un programme national de réparations ainsi que des réformes institutionnelles et sécuritaires susceptibles de prévenir la répétition des violences.
Dirigé par Dieudonné Nkishi, le Front Anti-Dialogue précise que sa démarche ne constitue pas une opposition à la paix ni à la réconciliation. La plateforme soutient plutôt que ces objectifs ne peuvent être atteints durablement sans un processus préalable fondé sur la vérité et la justice.
Son mot d’ordre demeure : « Vérité, justice, réparation, réconciliation, avant tout nouvel arrangement politique. » Le mouvement appelle les institutions de la République, les forces politiques et sociales, les organisations de la société civile, les confessions religieuses, les victimes des conflits, la diaspora congolaise ainsi que les partenaires internationaux à soutenir cette initiative.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour d’une éventuelle révision de la Constitution. Alors que la ministre de la Jeunesse a annoncé une marche de soutien au projet prévue le 12 août, le mouvement « Sauvons la RDC », proche de l’ancien président Joseph Kabila, maintient plusieurs préalables avant toute participation à un éventuel dialogue national.
Prince WALALA
