Une importante controverse politico-coutumière secoue la province du Maï-Ndombe autour de la chefferie Badia, dans le territoire de Kutu. Au cœur du différend : la reconnaissance de l’autorité coutumière locale, sur fond d’accusations judiciaires, de contestation administrative et de rivalités sur la succession traditionnelle.

Dans une correspondance datée du 19 mars dernier consultée par la rédaction de Mai-ndombenews.net le 28 avril 2026, adressée au Procureur général près la Cour de cassation, Biyanga Somo Pitshou, qui se présente comme chef du groupement Badia, affirme avoir déposé une plainte additionnelle contre le gouverneur Lebon Nkoso Kevani et Jacques Nzenza Mongien.Par cette démarche, il accuse les deux personnalités de plusieurs faits graves, notamment de séquestration, menaces, rébellion et détournement de salaire.

Selon lui, après plusieurs obstacles à son installation, il aurait été convié le 4 janvier 2026 à l’Hôtel Muluanya, dans le territoire de Kutu, pour un entretien présenté comme préparatoire à sa prise de fonctions.Le plaignant soutient qu’à son arrivée, il aurait été menacé de mort et d’arrestation. Il affirme également que des pressions lui auraient été exercées afin qu’il renonce à ses revendications coutumières et quitte la zone.

Dans sa plainte, il estime être empêché d’exercer un droit reconnu par certaines décisions administratives antérieures.Biyanga Somo Pitshou affirme par ailleurs que les autorités provinciales bloqueraient son installation effective tout en s’appropriant les avantages liés à la fonction coutumière qu’il revendique. Il sollicite ainsi l’intervention de la justice pour obtenir réparation et faire valoir ses droits.

Face à la médiatisation de cette affaire, le gouverneur du Maï-Ndombe, Lebon Nkoso Kevani, a livré sa version des faits dans une mise au point accordée à SouverainPrimaire.net. Il rejette catégoriquement les accusations formulées contre lui et conteste la légitimité même du statut revendiqué par Biyanga Somo Pitshou.

Selon l’autorité provinciale, il n’existe pas de groupement Badia, mais une chefferie Badia, régie exclusivement par les règles coutumières locales. Il affirme que la succession à cette entité traditionnelle revient aux membres du clan régnant Walimo, en particulier de la lignée Majala.

« Je suis Mudia et je ne peux pas admettre qu’il y ait un éclatement de ma tribu alors que je suis Gouverneur de province », a déclaré Lebon Nkoso Kevani, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de fragmentation de l’autorité coutumière locale.

Le gouverneur accuse en outre son contradicteur d’usurpation de titre, affirmant que celui-ci se serait présenté abusivement comme chef coutumier afin de percevoir des avantages financiers auprès des services de l’État à Kutu.

Lebon Nkoso Kevani rappelle également que toute création d’un groupement administratif ou coutumier doit répondre à des critères légaux précis, notamment une identité propre, un territoire défini et des actes réglementaires validés par les autorités compétentes.

Cette affaire, qui mêle droit coutumier, administration publique et tensions communautaires, continue de susciter de nombreuses réactions dans le Maï-Ndombe. Plusieurs observateurs appellent désormais à une clarification institutionnelle et à une résolution apaisée de ce dossier sensible.

AKIM MBAMBA et G.EKOLE

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