Invité d’un Space X animé par le journaliste Stanis Bujakera, Lambert Mende est revenu sur son passé au sein du RCD-Goma, une rébellion soutenue par le Rwanda et l’Ouganda au tournant des années 2000. Répondant aux critiques sur cette période de son parcours politique, l’ancien ministre a soutenu que l’appartenance à un mouvement rebelle ne suffit pas à faire de quelqu’un un criminel.

Lambert Mende a expliqué avoir rejoint le RCD-Goma dans un rôle politique, affirmant n’avoir jamais pris les armes ni participé directement aux combats. « J’ai rejoint un groupe qui avait pris les armes. Je n’ai pas été au front », a-t-il rappelé.

Selon lui, la responsabilité pénale est avant tout individuelle. « On peut être dans un mouvement rebelle et ne pas être au front. La responsabilité pénale est individuelle. Ce n’est pas le fait d’avoir été membre d’un groupe qui s’appelle AFC/M23, ou par le passé AFDL, ou encore RCD-Goma ou CNDP, qui fait de vous un criminel », a-t-il déclaré.

L’ancien porte-parole du gouvernement a insisté sur le fait que seuls des actes personnellement commis et établis par une juridiction peuvent engager la responsabilité d’un individu. « Encore faut-il avoir pris une arme, avoir tué, et avoir été reconnu comme tel par un juge. Ce n’est pas vous qui proclamez qui est criminel et qui ne l’est pas. Il n’y a pas de responsabilité collective. Ça n’existe pas », a-t-il ajouté.

Au cours de cet échange, Lambert Mende est également revenu sur les circonstances de son départ du RCD-Goma. Il affirme avoir changé de position après la guerre de six jours de Kisangani, en 2000, qui opposa les armées rwandaise et ougandaise. Selon lui, ce conflit lui a fait prendre conscience du caractère prédateur de ces alliés, notamment à travers le pillage des ressources minières de Kisangani.

Il soutient avoir dénoncé publiquement ces pratiques, ce qui lui aurait valu une arrestation de 49 jours. Toujours selon son récit, il a ensuite réussi à s’évader avec l’appui du président Laurent-Désiré Kabila.

À travers cette intervention, Lambert Mende a réaffirmé que, conformément aux principes du droit pénal, seule la justice est compétente pour établir la culpabilité d’une personne sur la base de faits prouvés, et non de sa seule appartenance passée à un mouvement rebelle.

Matthieu BEYA

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