Dans un message parvenu mardi 30 juin à Mai-ndombenews.net, le président de l’interfederation du parti Action commune pour République (ACR) ville de Kinshasa, Fabrice Lembo’o Obere Yembo, a tiré la sonnette d’alarme sur une situation qu’il juge préoccupante dans les territoires de Kwamouth et de Bolobo, dans la province du Mai-Ndombe.

D’après lui, de nombreux habitants se retrouvent involontairement connectés au réseau d’Airtel Congo-Brazzaville, faute d’une couverture suffisante des opérateurs de télécommunications de la RDC. Une réalité qui, au-delà des désagréments pour les abonnés, soulève des enjeux de souveraineté, de sécurité et d’économie nationale, fait-il savoir.

« On ne peut pas parler d’indépendance si, pour appeler son voisin de village à Bolobo, il faut passer par Brazzaville », affirme Fabrice Lembo’o, estimant que cette situation constitue un véritable problème de souveraineté communicationnelle.

De ce qui précède, il évoque aussi la proximité géographique de Kwamouth et de Bolobo avec Brazzaville,qui selon lui, explique en partie le phénomène.

En effet, les antennes d’Airtel Congo-Brazzaville, installées sur l’autre rive du fleuve Congo, couvriraient largement certaines localités congolaises. En l’absence d’une couverture suffisamment robuste des réseaux nationaux, les téléphones basculent automatiquement sur le réseau étranger, exposant ainsi les abonnés à des frais d’itinérance internationale sans qu’ils en soient conscients.

Pour Fabrice Yembo, plusieurs facteurs expliquent cette situation. Il évoque notamment le déficit de couverture des opérateurs de télécommunications en RDC, malgré les obligations qui leur incombent en matière de desserte du territoire. Il pointe également l’absence de mécanismes techniques permettant de limiter la propagation des fréquences étrangères à l’intérieur du territoire national, ainsi que les responsabilités qui pourraient incomber au régulateur et au ministère en charge des Postes, Télécommunications et du Numérique.

Ainsi, le président de l’ACR ville de Kinshasa rappelle d’ailleurs que l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) s’est déjà montrée ferme dans d’autres dossiers liés aux émissions transfrontalières de réseaux étrangers. Il estime dès lors que la même vigilance devrait être appliquée dans les zones frontalières de l’ouest du pays.

Au-delà du coût supporté par les abonnés, Fabrice Lembo’o met en garde contre les implications sécuritaires et économiques de cette situation. Il souligne que les communications, les données et la géolocalisation des utilisateurs transitent alors par des infrastructures situées hors du territoire national. À ses yeux, cela représente un risque particulier dans une zone comme Kwamouth, déjà confrontée à des défis sécuritaires.

Sur le plan économique, il estime également que les revenus générés par les recharges et les communications profitent davantage aux opérateurs étrangers qu’aux entreprises établies en RDC, avec des conséquences sur les recettes fiscales et les flux financiers.

Face à cette situation, Fabrice Lembo’o recommande une série de mesures urgentes. Il plaide notamment pour un audit de la couverture des réseaux dans les territoires concernés, le renforcement des infrastructures des opérateurs congolais le long de la frontière, la conclusion d’un accord entre les régulateurs de la RDC et du Congo-Brazzaville afin de limiter l’itinérance involontaire, ainsi qu’une campagne de sensibilisation invitant les abonnés à privilégier les réseaux nationaux.

Ce message est intervenu le jour de la célébration du 66 ème anniversaire de l’indépendance de la RDC.

Orman BOLA

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