La coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a officiellement lancé, mardi 19 mai à Kinshasa, une offensive politique contre toute initiative visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo. Regroupant des acteurs de l’opposition, des membres de la société civile ainsi que plusieurs personnalités politiques, cette plateforme affirme vouloir défendre “coûte que coûte” l’ordre constitutionnel, l’intégrité territoriale, la démocratie et l’État de droit.

Dans une déclaration rendue publique à l’occasion de sa sortie officielle, la coalition a dénoncé avec fermeté toute tentative de révision constitutionnelle qu’elle considère comme un “coup d’État constitutionnel”. Les membres de C64 ont également rejeté tout lien entre une éventuelle réforme de la Constitution et l’accord de Washington, estimant qu’aucune circonstance ne saurait justifier un changement de la Loi fondamentale.

S’appuyant notamment sur l’article 220 de la Constitution congolaise, la coalition rappelle que le mandat présidentiel est limité à cinq ans renouvelable une seule fois. Pour ses animateurs, toute tentative de modification des dispositions verrouillées de la Constitution constituerait une violation grave de l’ordre républicain.

« Toute tentative de changer de Constitution, par quelque mécanisme que ce soit, est un renversement de l’ordre constitutionnel », peut-on lire dans leur déclaration.

La plateforme s’est également opposée à la proposition de loi référendaire déposée à l’Assemblée nationale, qu’elle qualifie de “ruse cynique” destinée, selon elle, à ouvrir la voie à un maintien au pouvoir du président de la République, Félix Tshisekedi, au-delà des limites constitutionnelles.Les signataires exigent ainsi le retrait immédiat du texte querellé, estimant qu’il représente une menace sérieuse pour la stabilité du pays et pour l’équilibre institutionnel de la RDC.

Dans leur déclaration, les membres de C64 ont aussi appelé la population congolaise à rester vigilante et à soutenir toutes les actions pacifiques, démocratiques et républicaines qui seraient engagées pour empêcher toute réforme constitutionnelle. Cet appel intervient dans un contexte national marqué notamment par des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays.

La coalition affirme enfin que le président Félix Tshisekedi se trouve actuellement à son “second et dernier mandat”, rejetant catégoriquement toute idée de glissement du calendrier électoral ou de troisième mandat présidentiel.

« Aucune circonstance, fut-elle sécuritaire, sanitaire ou diplomatique, ne servira de prétexte au glissement du mandat présidentiel », préviennent les signataires, qui promettent de poursuivre leur mobilisation pour préserver l’ordre constitutionnel en République démocratique du Congo.

G.EKOLE

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