Un collectif de doctorants de l’Université de Kinshasa (Unikin) a saisi le Conseil d’État pour contester un arrêté de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) relatif à l’organisation du troisième cycle, estimant que cette mesure porte atteinte à leurs droits fondamentaux.
Lors d’une audience tenue mercredi 24 juin 2026 à Kinshasa, l’avocat des requérants, Me Étienne Lombela, a expliqué que l’arrêté ministériel établit une distinction entre les doctorants ayant défendu leur projet doctoral avant le 28 février 2026 et ceux qui le feront après cette date. Selon lui, les premiers sont directement admis à la phase de rédaction de la thèse, tandis que les seconds sont contraints d’intégrer une école doctorale pour suivre une formation complémentaire.
La défense des doctorants soutient toutefois que cette école doctorale n’est pas encore opérationnelle, ce qui placerait plusieurs candidats dans une situation d’incertitude académique et administrative. Pour les requérants, cette disposition constitue une atteinte à leurs droits et compromet la poursuite normale de leur parcours doctoral.
De son côté, la partie défenderesse a rejeté ces accusations.
L’avocat du ministère de l’ESU a fait valoir que la ministre dispose des prérogatives légales pour réglementer l’organisation du troisième cycle universitaire et qu’aucune violation des droits des doctorants n’a été démontrée.
Il a également soulevé une exception de procédure, estimant que les requérants auraient dû attaquer les décisions rectorales ayant refusé leur inscription au troisième cycle plutôt que l’arrêté ministériel lui-même. Selon lui, la requête vise à suspendre un texte réglementaire organisant l’ensemble du secteur, au-delà des intérêts particuliers des demandeurs.
Le Conseil d’État devra désormais se prononcer sur la recevabilité de la requête ainsi que sur le fond du litige, dans un dossier qui pourrait avoir des implications importantes pour l’organisation des études doctorales en République démocratique du Congo.
G.EKOLE
