Le Gouverneur de la province du Mai-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon, a présidé, vendredi 6 novembre 2026 à Inongo, l’atelier de socialisation du Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) du Programme de Réduction d’Émissions, dans le cadre du projet CAVRE/ERPA. Organisées avec l’appui financier de l’Unité de coordination du Programme d’investissement pour la forêt (UC-PIF), ces assises visent à renforcer la participation des communautés, la transparence et la redevabilité dans la mise en œuvre des activités du projet.

L’activité a réuni les membres du Gouvernement Provincial, les administrateurs des territoires du Mai-Ndombe, les représentants des Agences Locales d’Exécution (ALE), les acteurs de la société civile environnementale notamment ceux du GTCR-R et du REPALEF, les confessions religieuses ainsi que d’autres parties prenantes impliquées dans la mise en oeuvre du Programme. Parmi les participants figurent les représentants des Peuples autochtones (PA) et des Comités agricoles et ruraux de gestion (CARG) issus des huit territoires de la province du Mai-Ndombe.

Ouvrant officiellement les travaux, le Gouverneur Nkoso Kevani a souligné que dans le prolongement des travaux du Comité Provincial de Pilotage du Programme de Réduction d’Emissions (PRE) du MAI-NDOMBE, traduit la volonté des autorités à promouvoir une mise œuvre participative et responsable du Projet.
« Le projet CAVRE/ERPA contribue à la lutte contre le changement climatique, à la conservation de nos forêts et à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones pygmées. Pour atteindre ces objectifs, il est indispensable que les populations participent pleinement aux activités et puissent exprimer librement leurs préoccupations », a déclaré le Gouverneur.
Présentant le bien-fondé du mécanisme, le chef de l’exécutif provincial a insisté sur son rôle dans la prévention des conflits et la protection des droits des communautés.
« Le Mécanisme de Gestion des Plaintes constitue un outil de dialogue, de prévention des conflits, de protection des droits et de renforcement de la confiance entre les projets et les communautés. J’invite donc tous les acteurs à s’approprier ce mécanisme afin de garantir son accessibilité, sa transparence et la prise en charge diligente des préoccupations sans discrimination », a-t-il insisté.
Nkoso Kevani Lebon a particulièrement attiré l’attention sur les plaintes sensibles liées aux violences basées sur le genre, à l’exploitation et aux abus sexuels ainsi qu’au harcèlement sexuel.
« La prise en charge doit respecter strictement la confidentialité, la sécurité et la dignité des personnes concernées, avec un référencement approprié vers les services spécialisés », a-t-il souligné.
De son côté, Emmanuël II BEGAA JENDJOGI, expert en développement social à l’UC-PIF, a expliqué que le MGP s’inscrit dans une démarche de redevabilité et d’amélioration continue des activités du projet.
« Le Mécanisme de Gestion des Plaintes s’inscrit dans une démarche de redevabilité, d’information et d’exploitation des renseignements issus des plaintes et doléances. Il vise à réorienter et à améliorer la mise en œuvre des activités du projet, en tenant compte des réalités, des contextes et des défis propres à chaque zone d’intervention », a-t-il expliqué.
Abordant les principaux enjeux de ce dispositif, l’expert a notamment évoqué la gouvernance participative, la capitalisation des bonnes pratiques, l’harmonisation institutionnelle et la vulgarisation du mécanisme à tous les niveaux, Il a précisé que « L’objectif global du MGP est d’établir et de maintenir un climat de confiance entre les projets, les communautés et les autres parties prenantes directement ou indirectement concernées, notamment les autorités, la société civile et le secteur privé. »
Dans son exposé, Emmanuel II Begaa Jendjogi a détaillé les différentes catégories de plaintes susceptibles d’être enregistrées, notamment les demandes d’informations, les problèmes de gouvernance, les conflits liés aux ressources, les violations du code de conduite, les mauvaises conditions de travail ainsi que les préoccupations environnementales et sociales.
Concernant les délais de traitement, il a précisé : « Le délai de réponse aux plaintes ordinaires ne peut dépasser dix jours à compter de la date de l’accusé de réception. En revanche, les plaintes liées aux violences basées sur le genre, à l’exploitation et aux abus sexuels ainsi qu’au harcèlement sexuel doivent être prises en charge dans un délai de 24 heures. »
L’expert a également rappelé que le mécanisme est ouvert à toutes les personnes et structures concernées par les activités du projet.
« Toute personne, tout groupe d’individus ou toute structure directement ou indirectement affectés par les activités de CAVRE/ERPA, ou ayant un intérêt dans leur mise en œuvre, peut saisir le mécanisme », a-t-il indiqué.
Le dispositif repose sur trois niveaux d’intervention : les structures locales, l’UC-PIF et les instances nationale et provinciale de pilotage.
Prenant également la parole sur la stratégie du genre et les violences basées sur le genre dans la mise en œuvre des projets de développement, Lauriane Sengoma a plaidé pour une meilleure inclusion des femmes et des groupes minoritaires dans les instances communautaires et les mécanismes de décision.
« Notre intervention vise à attirer l’attention des parties prenantes sur la nécessité d’impliquer les communautés, les minorités et principalement les femmes dans la dynamique du projet, ainsi que dans l’accès à toutes les opportunités financières qu’il présente », a-t-elle expliqué.
Elle a notamment relevé les pesanteurs sociales et culturelles qui limitent encore l’accès des femmes aux opportunités socio-économiques et aux avantages du projet.
« La place de la femme n’est pas seulement liée à la cuisine ou aux travaux ménagers. Elle doit briser la glace de la peur pour prendre part aux assises où se prennent les grandes décisions, afin de concourir au développement comme un acteur central », a déclaré Lauriane Sengoma.
Abordant la question de leur protection, elle a assuré que le projet prévoit un mécanisme sécurisé de gestion des plaintes sensibles.
« Le projet a développé un mécanisme de gestion des plaintes liées aux violences basées sur le genre. Il prévoit une procédure sécurisée, fondée sur la protection des survivantes et survivants, ainsi que sur leurs besoins, avec une prise en charge juridique, médicale et psychosociale », a-t-elle précisé.
Lauriane Sengoma a enfin insisté sur les mesures de prévention du harcèlement et des abus sexuels dans le cadre professionnel.
« Le projet a mis en place des mécanismes pour communiquer avec les acteurs sur les mesures de prévention, les informer et les sensibiliser afin de prévenir les actes de harcèlement et d’abus sexuels. Une femme qui se sent harcelée dispose de toute la liberté de porter plainte à travers ces mécanismes sécurisés et de bénéficier d’une prise en charge appropriée », a-t-elle affirmé.
À travers cet atelier, les différentes parties prenantes sont ainsi appelées à faire du Mécanisme de Gestion des Plaintes un véritable outil de proximité, de protection des droits et de participation citoyenne. Pour le Gouverneur Nkoso Kevani Lebon, « la réussite du projet ne dépend pas uniquement de la conservation des forêts et de la réduction des émissions, mais également du respect des droits des populations et de l’amélioration de leurs conditions de vie ».
G.EKOLE
