Les activités communautaires devant être mises en œuvre par les Agences locales d’exécution (ALE) dans le cadre du Plan de partage des bénéfices du CAVRE/ERPA du Programme de Réduction des Émissions (PRE) du Maï-Ndombe sont officiellement entrées dans leur phase opérationnelle. La cérémonie lancement, organisée le 17 septembre 2026 à Inongo, au siège de l’Antenne provinciale a réuni les autorités provinciales, les représentants de l’UC-PIF, les structures retenues ainsi que plusieurs parties prenantes.

Présent à cette cérémonie, le gouverneur de la province du Maï-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon, a rappelé que les interventions des ALE s’inscrivent dans les efforts de développement de la province.

« Le budget de la province comprend trois ressources importantes : les ressources propres de la province, les transferts qui viennent de Kinshasa et l’apport des partenaires », a déclaré le gouverneur.

Selon lui, les activités confiées aux ALE doivent contribuer concrètement à la mise en œuvre des actions de développement dans la province.

« Le travail que vous allez faire sur le terrain en tant qu’ALE contribue à l’exécution du budget de la province du Maï-Ndombe. Nous attendons beaucoup de vous quand vous serez sur le terrain pour exécuter les activités qui vous sont confiées », a-t-il souligné.

Le chef de l’exécutif provincial a également mis l’accent sur les moyens désormais disponibles :

« Aujourd’hui, vos capacités ont été renforcées en mobilité, en matériel et nous attendons de vous du concret sur le terrain », avant d’appeler les ALE à mériter la confiance placée en elles.

Prenant la parole au nom du Coordonnateur national de l’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Forêt (UC-PIF), le point focal de l’UC-PIF, antenne provinciale du Maï-Ndombe, Ignace Monza Bonda, a présenté le lancement comme une étape importante dans la mise en œuvre du Plan de partage des bénéfices du CAVRE/ERPA.

« Après presque une année marquée par des doutes et des pessimismes sur l’aboutissement de ce processus, grande a été notre joie d’être tous ensemble témoins de l’histoire de la matérialisation effective d’une transaction carbone avec un premier et un deuxième décaissement réceptionnés respectivement l’année passée et cette année encore », a-t-il déclaré.

D’après son exposé, le contrat d’achat/venté de réductions des émissions signé en septembre 2018 entre la RDC et le Fonds carbone de la Banque mondiale porte sur un objectif de réduction nette de 11 millions de tonnes de CO₂, pour une valeur maximale de 55 millions de dollars américains, couvrant la période 2019-2024. Deux décaissements de 19,47 millions de dollars et 14 millions de dollars américains ont été effectués à la suite de l’approbation des premier et deuxième rapports de suivi des émissions du PRE. Ces ressources doivent notamment soutenir la gouvernance et l’aménagement du territoire, l’amélioration des paysages, les chaînes de valeur ainsi que les impacts sociaux et économiques.

Parmi les résultats présentés figurent notamment 9.730 hectares de plantations agroforestières, 3.710 hectares de palmiers à huile en savane, 5.000 hectares de régénération naturelle assistée et 15.000 hectares de savanes mises en défens. Le programme prévoit également le développement des filières café, cacao et huile de palme, ainsi que l’installation de moulins, malaxeurs et décortiqueuses destinés aux communautés. Sur le plan social et économique, l’exposé fait état de 67.000 bénéficiaires directs, 109 emplois fixes et 77.000 emplois temporaires dans les plantations.

Les activités communautaires seront déployées dans les huit territoires de la province à travers les structures sélectionnées comme ALE : COPADEM-Ecoden pour Kutu, ONG Congo Vert pour Oshwe, REHOBOTH pour Kiri, le Consortium Fondation Kamozi Laurent, Moses et alliés pour Inongo, AMAR pour Mushie, CIAPAFED pour Bolobo, ONG REHOBOTH pour Kwamouth et le Consortium RADEPLAN-FOPA M UPD (RAFU) pour Yumbi. Pour Ignace Monza Bonda, ces structures auront une responsabilité particulière dans la matérialisation des activités communautaires et la poursuite des résultats attendus.

« Aujourd’hui, le Plan de partage des bénéfices n’est plus un rêve ou une réalité cachée dans le tiroir. C’est à travers vous que la Province du Maï-Ndombe expérimentera ce modèle unique au monde afin de manifester tant soit peu l’équité en matière de planification et de gestion durable des ressources forestières de la province », a-t-il affirmé.

Dans une interview accordée à la presse au terme de la cérémonie, il a précisé que les activités lancées relèvent des paiements basés sur la performance et devront notamment favoriser l’utilisation de la main-d’œuvre locale.

« Nous venons de procéder à une cérémonie de lancement officielle des activités communautaires qui doivent être menées par les Agences locales d’exécution. Cela s’inscrit dans le paiement basé sur la performance et permettra aux ALE, ensemble avec les communautés bénéficiaires, de gagner davantage en termes de revenus », a expliqué Ignace Monza Bonda.

Il a ajouté :

« D’une part, ça va augmenter le revenu. C’est la main-d’œuvre qui sera utilisée, c’est une main-d’œuvre locale. D’autre part, ça va améliorer les conditions de vie. »

Il a également appelé les médias à accompagner le processus par l’information du public.

Du côté des structures bénéficiaires, Marceline Sondy, représentante du consortium COPADEM-Ecoden chargé de l’accompagnement de la mise en œuvre des activités communautaires dans le territoire de Kutu, a assuré que son équipe dispose d’une expérience dans l’agroforesterie et l’aménagement du territoire.

« Nous sommes deux structures trésorerie expérimentées dans la mise en œuvre de ce genre de projet d’agroforesterie, d’aménagement du territoire. Et dans la province du Maï-Ndombe, il y a notre allié Copadem, qui œuvre déjà depuis plusieurs années et qui a la maîtrise du terrain », a-t-elle expliqué.

Marceline Sondy a également insisté sur l’approche basée sur la performance :

« C’est une approche basée sur la performance. C’est-à-dire qu’on ne nous paye pas si nous ne produisons pas les résultats. Pour recevoir un quelconque paiement, il faut prouver d’abord les résultats. »

Elle a précisé que le personnel d’appoint sera recruté localement afin de favoriser l’ancrage et l’emploi dans les territoires concernés, tandis que l’implication des populations permettra également de créer des emplois à travers les activités du projet.

Présentant enfin cette initiative comme une opportunité de promouvoir une économie fondée sur les ressources naturelles et leur gestion durable, Marceline Sondy a déclaré :

« Ces projets représentent pour moi le modèle que je me suis toujours dessiné, c’est-à-dire promouvoir une économie essentiellement basée sur le vert, une économie verte. »

Économiste de formation, aménagiste et conservatrice de la biodiversité, elle estime que les reconservatrice s forestières peuvent contribuer au développement des territoires :

« Nous pouvons vendre du carbone et gagner beaucoup d’argent, développer nos territoires. »

Avec le lancement des activités communautaires et la remise des équipements aux ALE, les prochaines étapes devraient désormais se jouer directement dans les territoires, où ces structures sont appelées à traduire les financements et les engagements du programme en réalisations au bénéfice des communautés.

G.EKOLE

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