La digitalisation de la paie des agents et fonctionnaires de l’État continue de faire débat dans la province du Mai-Ndombe. Un document signé le 23 juin dernier par certains responsables syndicaux et chefs de division, annonçant l’organisation d’une marche pacifique contre la bancarisation des salaires des agents publics, a ravivé les tensions parmi les différents acteurs du secteur.
En effet, cette démarche est perçue par plusieurs bénéficiaires comme une opposition aux réformes engagées par le Gouvernement en faveur de la modernisation du système de paiement des salaires.
La correspondance consultée par Mai-ndombeNews.net a bien indiqué que les initiateurs de cette marche continuent à contester le processus de bancarisation des salaires des cadres et agents de l’État dans le Mai-Ndombe. Pour mieux comprendre la réalité sur le terrain, Mai-ndombenews.net s’est rendu sur le site de paie afin de recueillir les témoignages des fonctionnaires déjà intégrés au système de paiement par voie bancaire.
Djas Bolabooto, fonctionnaire de l’État, affirme être entièrement satisfait du système depuis l’ouverture de son compte auprès de Bonsisa-EMFD.
« Je suis fonctionnaire de l’État et je touche mon salaire à travers mon compte bancaire que j’ai ouvert auprès de Xpress Bonsisa-EMFD. Depuis que j’ai ouvert ce compte, je n’ai rencontré aucun souci. Je n’ai jamais connu un seul retard de paiement. Cela fait déjà une année que mon salaire est versé directement sur mon compte sans difficulté. Je n’ai jamais constaté que mon compte soit débité ou bloqué. », a-t-il dit.
Selon lui, la paie bancaire offre davantage de confort que l’ancien système manuel.
« Je préfère percevoir mon argent à travers mon compte bancaire parce que c’est plus facile que de rester deux ou trois jours à attendre sur le site de la paie manuelle. J’encourage mes amis, mes frères et mes sœurs qui n’ont pas encore de compte bancaire à en ouvrir un. Il faut comprendre qu’une fois le compte ouvert, le salaire n’arrive pas automatiquement ; le processus se fait progressivement. », a-t-il ajouté.
Le fonctionnaire relève toutefois une difficulté qui ne concerne pas le système bancaire lui-même, mais l’organisation sur le site de paie.
« Mon seul grand souci concerne le traitement des jetons distribués sur le site de paie. Les numéros ne sont pas toujours respectés. Quelqu’un qui arrive en retard peut passer avant celui qui est arrivé plus tôt grâce à ses relations. En dehors de cela, je n’ai aucun problème avec la paie bancaire. », a dit cet agent de l’État.
De son côté, Israël Lobanda, également fonctionnaire de l’État, explique qu’il percevait auparavant son salaire par voie manuelle avant d’ouvrir récemment un compte bancaire.
« Effectivement, je suis sur le site de paie de Bonsisa-EMFD, en partenariat avec Ecobank. Je suis venu retirer mon salaire du mois de juin qui a été versé sur mon compte. Avant, j’étais payé par voie manuelle. Le mois dernier, j’ai décidé d’ouvrir un compte bancaire. Ce matin, j’ai vérifié mon solde et j’ai constaté que mon compte avait bien été crédité. C’est pourquoi je suis venu retirer mon argent. », a-t-il indiqué.
Il reconnaît avoir changé d’avis après avoir expérimenté le système.
« Au départ, je pensais que la paie digitale n’était pas une bonne chose. Aujourd’hui, je constate que c’est tout le contraire. C’est une bonne réforme parce que je peux disposer de mon argent à tout moment. Une fois que le salaire est versé sur mon compte, c’est moi qui décide du jour où je viens le retirer. Avec la paie manuelle, il fallait attendre longtemps sur le site de paie. », a-t-il témoigné.
Pour lui, les inquiétudes exprimées par certains collègues sont liées au manque d’information:
« Toute nouveauté paraît difficile au début, surtout lorsqu’on ne maîtrise pas encore son fonctionnement. J’invite tous ceux qui n’ont pas encore ouvert de compte bancaire à le faire. Je n’y vois aucun inconvénient. »
À travers ces témoignages recueillis sur le terrain, plusieurs fonctionnaires estiment que la digitalisation de la paie constitue une avancée dans la modernisation de l’administration publique, tout en appelant les autorités à améliorer l’organisation sur les sites de paie afin de garantir plus de transparence dans le respect de l’ordre de passage des bénéficiaires.
G.EKOLE
