Le coordinateur provincial de la Brigade anti-fraude du Mai-Ndombe, Victor Kokengo Bongo, met en garde contre les conséquences économiques et sociales que pourrait entraîner l’interdiction des baleinières artisanales en bois en République démocratique du Congo (RDC). Dans une réflexion rendue publique ce samedi 10 octobre 2026, exploitée par la rédaction de Maï-ndombenews.net. il reconnaît la nécessité de renforcer la sécurité de la navigation, tout en appelant les autorités à prévoir des solutions alternatives adaptées aux réalités de cette province.
Pour Victor Kokengo, cette mesure, destinée à prévenir les naufrages sur les fleuves, lacs et rivières du pays, risque de perturber profondément la mobilité des populations du Mai-Ndombe si elle est appliquée sans accompagnement approprié.
Dans cette province composée de huit territoires, le transport fluvial reste essentiel à la circulation des personnes et à l’acheminement des marchandises. L’insuffisance des routes praticables et des moyens de transport terrestres renforce, selon lui, la dépendance des habitants aux embarcations artisanales en bois.
Le responsable estime que leur interdiction, sans remplacement effectif, pourrait provoquer une crise sociale et économique, notamment en perturbant les échanges commerciaux et l’approvisionnement des différents territoires.
Sur le plan financier, Victor Kokengo attire également l’attention sur les répercussions possibles pour la Direction générale des recettes du Mai-Ndombe (DGRM). Il affirme que près de 70 % des recettes de cette régie proviendraient des perceptions liées aux baleinières, aux pirogues et à d’autres embarcations. Il redoute ainsi une baisse importante des ressources provinciales et des suppressions d’emplois dans les secteurs public et privé.
Face à ces risques, il demande aux autorités nationales de préciser les mesures d’accompagnement prévues, notamment la disponibilité des bateaux métalliques, motorisés et sécurisés, capables d’assurer les liaisons entre Kinshasa et les huit territoires de la province, ainsi que les déplacements interterritoriaux.
À l’approche de l’échéance du 15 novembre 2026, Victor Kokengo s’interroge par ailleurs sur le niveau de préparation des services chargés de la navigation. Il estime que les vérifications de la navigabilité et le balisage des voies d’eau devraient être engagés suffisamment tôt afin d’éviter une mise en œuvre désorganisée de la mesure et d’éventuelles tracasseries.
Dans son appel, il exhorte les députés provinciaux et nationaux, toutes tendances politiques confondues, à se mobiliser pour défendre les intérêts des populations du Mai-Ndombe et obtenir des solutions concrètes avant l’entrée en application de l’interdiction.
Pour Victor Kokengo, l’objectif ne doit pas être de renoncer à la sécurité des voyageurs, mais de concilier cette exigence avec les réalités géographiques et économiques d’une province où le transport fluvial demeure indispensable.
G.EKOLE
