L’opposant congolais Martin Fayulu appelle à un dialogue politique inclusif pour tenter de sortir la République démocratique du Congo de la crise politique et sécuritaire qui secoue particulièrement l’Est du pays.
Au cours de son séjour en Europe, le président de l’ECiDé a estimé que ce dialogue devrait notamment réunir l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC-M23.
Pour Martin Fayulu, la participation de ces deux personnalités permettrait d’aborder directement les accusations et les zones d’ombre qui entourent la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Concernant Corneille Nangaa, l’opposant estime qu’il devrait expliquer aux Congolais les raisons qui l’ont conduit à prendre les armes contre les institutions de la République. Il considère que ces explications doivent être apportées dans le cadre d’un dialogue national.
Martin Fayulu évoque également le cas de Joseph Kabila, actuellement accusé par Kinshasa d’être le véritable soutien de la rébellion du M23. L’ancien président, condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise, rejette ces accusations. Fayulu estime néanmoins qu’il devrait s’expliquer publiquement sur ces allégations et notamment répondre à la question de savoir s’il finance ou non la rébellion et, dans l’affirmative, pour quelles raisons.
Cette position intervient alors que plusieurs initiatives politiques plaident pour un dialogue afin de rechercher une issue à la crise congolaise. Pour Fayulu, l’inclusivité du processus reste toutefois essentielle pour parvenir à une solution durable.
Sa démarche place ainsi la question de la vérité et de la responsabilité des différents acteurs au centre du débat. Elle soulève également une interrogation sur l’articulation entre dialogue politique, recherche de la paix et poursuites judiciaires.
En appelant à la présence de Kabila et Nangaa autour de la table, Martin Fayulu défend donc l’idée d’un dialogue où les principaux protagonistes de la crise pourraient être confrontés aux accusations qui pèsent sur eux et s’expliquer directement devant les Congolais.
Matthieu BEYA
