Le gouverneur de la province du Maï-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon, a apporté, ce mardi 4 août 2026, des précisions sur la situation sécuritaire dans le territoire de Kiri au village Baambe, à la suite des tensions ayant opposé les communautés de Baambe, et de Bambi-Belali, dans le territoire d’Inongo. Devant les professionnels des médias, l’autorité provinciale a indiqué qu’aucun décès n’avait été officiellement confirmé, contrairement aux informations faisant état de plusieurs morts.
« Comme je vous l’avais annoncé, nous attendions le retour de l’équipe dépêchée sur le terrain à Bambi. Cette équipe est revenue et nous avons tenu une réunion du Comité provincial de sécurité », a déclaré le gouverneur Nkoso Kevani.
Selon lui, la mission, composée notamment des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC), des services de sécurité et des autorités administratives, avait pour objectif d’évaluer la situation et d’établir les faits après les tensions enregistrées entre les deux communautés.
« Après avoir examiné le rapport présenté par la mission, il ressort que, jusqu’à preuve du contraire, aucun décès n’a été enregistré. En revanche, une personne est portée disparue. Les recherches se poursuivent, mais cette personne demeure introuvable », a-t-il précisé.
Le gouverneur a indiqué que cette personne aurait été capturée au cours des incidents par des habitants de Baambe du côté du territoire de Kiri. Toutefois, son sort reste inconnu. « Nous ne pouvons donc pas affirmer qu’elle est décédée. À ce stade, nous pouvons seulement confirmer qu’elle est portée disparue, en attendant que les enquêtes permettent d’établir ce qui lui est réellement arrivé », a souligné Nkoso Kevani.
Revenant sur les rumeurs faisant état de trois, cinq ou de plusieurs morts, le chef de l’exécutif provincial a appelé la population et les médias à la prudence. « Toutes les informations faisant état de plusieurs morts ne sont, à ce stade, que des allégations qui n’ont pas été confirmées par les enquêtes menées sur le terrain. En tant qu’autorité provinciale, je ne pouvais pas avancer des chiffres concernant d’éventuelles victimes avant d’avoir reçu le rapport officiel de la mission », a-t-il insisté.
Les tensions seraient notamment liées à la disparition, il y a quelques mois, d’un pêcheur originaire de Baambe. Seuls sa pirogue et ses effets personnels avaient été retrouvés, sans que son corps ne soit découvert. Les circonstances de cette disparition restent inconnues.
La tentative d’installation d’un poste de police dans la zone aurait ensuite ravivé les tensions, avant que des jeunes ne s’en prennent au village de Baambe-Belali. Plusieurs habitations ont été incendiées et une partie de la population a été contrainte de fuir.
Face à cette situation, le gouverneur Nkoso Kevani a condamné toute forme de violence, de xénophobie et de discrimination, rappelant que la Constitution garantit à tout Congolais le droit de s’établir librement sur le territoire national, dans le respect des lois de la République et des coutumes locales.
« Nous avons transmis un message de paix, de réconciliation, de fraternité et de coexistence pacifique. Il faut éviter les violences et laisser la justice établir les responsabilités », a-t-il déclaré. À l’issue de la réunion du Comité provincial de sécurité, les autorités ont décidé d’installer des sous-stations de la Police nationale congolaise dans les deux zones concernées afin de renforcer la sécurité et de prévenir de nouveaux incidents.
Le gouverneur a également confirmé l’arrestation du chef de groupement ainsi que du chef de la localité de Baambe. Leur dossier a été transmis au parquet compétent pour la suite de la procédure judiciaire.
« Aujourd’hui, au regard des conclusions présentées par la mission, je peux informer l’opinion publique provinciale et nationale qu’aucun décès n’a été établi à ce jour dans cette affaire. Une seule personne est portée disparue et les recherches ainsi que les enquêtes se poursuivent afin de faire toute la lumière sur cette situation », a conclu le gouverneur Nkoso Kevani.
G.EKOLE
