Le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, a vivement réagi samedi 20 juin aux prises de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) contre le projet de changement de la Constitution.

S’en prenant particulièrement à Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, Augustin Kabuya a contesté sa légitimité à s’exprimer au nom des Congolais, affirmant qu’il n’avait « aucun mandat pour parler au nom de qui que ce soit ». Il a également déclaré avoir cru par le passé au sérieux du prélat.

« La CENCO a le droit de donner son point de vue. Nous aussi, nous en avons le droit. Nous allons changer la Constitution. Oui, qu’ils le veuillent ou non, nous allons changer cette Constitution », a insisté le dirigeant de l’UDPS.

Ces déclarations interviennent au terme de l’assemblée plénière extraordinaire de la CENCO tenue à Kinshasa du 18 au 20 juin. Durant trois jours, les évêques catholiques ont consulté des experts, des représentants de la majorité au pouvoir, de l’opposition ainsi que des acteurs de la société civile sur la question du changement de la loi fondamentale.

Dans leur déclaration finale, les prélats ont réaffirmé leur opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution du 18 février 2006. Selon eux, aucune urgence ni nécessité ne justifie un tel débat dans le contexte actuel marqué par la guerre dans l’Est du pays, les difficultés économiques et les tensions politiques.

La CENCO estime qu’un changement de Constitution pourrait accentuer les divisions au sein de la société congolaise et détourner l’attention des véritables priorités nationales, notamment la paix, l’unité du pays et l’amélioration des conditions de vie de la population.

Le débat sur le changement de la Constitution continue ainsi de polariser la scène politique congolaise. Tandis que l’UDPS et plusieurs composantes de l’Union sacrée défendent une réforme qu’elles jugent adaptée aux réalités actuelles du pays, l’opposition, la société civile et l’Église catholique y voient un risque de remise en cause des acquis démocratiques consacrés par la Constitution de 2006.

Matthieu BEYA

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