Deux ans après son élection à la tête de la province du Mai-Ndombe, le gouverneur Lebon Nkoso Kevani revient sur son parcours politique. Invité d’OB12 Télévision dans une émission animée par le journaliste Orman Bola, il a évoqué ses souvenirs de député provincial, une fonction qu’il dit avoir exercée avec responsabilité et dans le respect des institutions.

« Le député provincial que j’étais garde comme souvenirs les trophées que j’ai pu recevoir pour mes prestations. Je reconnais aussi avoir mené une opposition constructive au niveau de la province », a-t-il déclaré.

L’actuel chef de l’exécutif provincial affirme n’avoir jamais mené de combat contre des individus, mais plutôt contre les dysfonctionnements constatés dans la gestion de la province.

« Je ne m’attaquais pas aux personnes. Je m’attaquais à ce qui n’allait pas pour permettre aux décideurs de l’époque de rectifier le tir lorsqu’il le fallait », a-t-il expliqué.

Selon lui, son action parlementaire était guidée par le souci d’améliorer la gouvernance provinciale. Il soutient n’avoir jamais versé dans les injures ou les attaques personnelles contre les autorités en place.

« Nulle part vous ne verrez que le député Nkoso Kevani a insulté une autorité de la province. Jamais. Là où ça allait, nous le disions. Là où ça n’allait pas, nous le dénoncions », a-t-il insisté.

Interrogé sur la perception de certains observateurs qui le considéraient comme un député particulièrement sévère envers les dirigeants de l’époque, il rejette cette qualification, estimant qu’il ne faisait qu’assumer pleinement sa mission de contrôle parlementaire.

« J’adressais des questions orales avec débat, mais aucune fois je n’ai déposé une motion. Le contrôle parlementaire ne se résume pas aux motions. Il y a d’abord les contrôles d’information à travers les questions orales avec débat ou les questions d’actualité », a-t-il précisé.

Le gouverneur affirme n’avoir jamais eu recours aux mécanismes de « contrôle-sanction » durant son mandat de député provincial, privilégiant plutôt une démarche destinée à obtenir des informations et à contribuer à l’amélioration de la gestion publique.

« Dans toute ma carrière de député provincial, je ne suis jamais arrivé à un contrôle-sanction contre les dirigeants. Ce que je voulais avant tout, c’était améliorer les choses. Ce que je ne voulais pas, c’était la corruption », a-t-il conclu.

Cette intervention intervient dans un contexte où la gestion du gouverneur Nkoso Kevani fait l’objet de vives critiques de la part d’une frange de la classe politique provinciale. En octobre 2025, cinq députés provinciaux avaient initié une motion de défiance contre lui, l’accusant notamment de mégestion, de manque de résultats visibles et de mauvaise gouvernance. Le gouverneur avait, pour sa part, rejeté ces accusations, dénonçant une démarche politique visant à déstabiliser son administration.

Matthieu BEYA et Orman BOLA

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