L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, est sorti de son silence le jeudi 11 juin 2026 en appelant les Congolais à se mobiliser pour défendre la Constitution et la démocratie face à ce qu’il considère comme des dérives du pouvoir en place.

Dans un communiqué rendu public au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, le président honoraire a vivement critiqué la gouvernance de Félix Tshisekedi, qu’il qualifie d’arrogante, liberticide et prédatrice. Il a également mis en garde contre un risque de soudanisation de la République démocratique du Congo.

Notons que la sortie de Joseph Kabila intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour du projet de référendum adopté par la chambre basse du Parlement et actuellement en examen au Sénat. Bien que le texte porte officiellement sur les modalités d’organisation du référendum, plusieurs acteurs de l’opposition y voient une étape vers une éventuelle changement de la Constitution.

Cette crainte est alimentée par les déclarations répétées de plusieurs personnalités de la majorité présidentielle qui plaident depuis plusieurs mois pour des réformes institutionnelles, estimant que certaines dispositions de la Constitution actuelle ne répondent plus aux réalités du pays. Ces prises de position ont régulièrement relancé le débat sur l’opportunité d’un changement constitutionnel.

De son côté, l’opposition soupçonne le pouvoir de préparer le terrain à une modification de la Loi fondamentale pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi à l’issue de son second mandat constitutionnel. Une hypothèse que chef de l’État avait lui-même rejeté, soutenant que le débat porte avant tout sur l’amélioration du fonctionnement des institutions.

Dans son message, Joseph Kabila a appelé les Congolais à rester vigilants et à défendre les acquis démocratiques.

« Ce qui est en jeu, c’est la survie même du Congo », a-t-il déclaré, estimant que toute remise en cause de l’ordre constitutionnel actuel pourrait accentuer les tensions politiques dans le pays.

Alors que le Sénat doit encore se prononcer sur le projet de loi référendaire, le dossier continue de cristalliser les divisions entre la majorité au pouvoir et l’opposition, chacune campant sur sa lecture de l’avenir institutionnel de la RDC.

Matthieu BEYA

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