Une délégation de l’Union africaine a rencontré lundi 5 octobre à Goma les principaux responsables de l’AFC/M23, dans le cadre des efforts de médiation visant à favoriser la désescalade dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le panel des facilitateurs de l’UA, composé des anciens présidents Uhuru Kenyatta du Kenya, Mokgweetsi Masisi du Botswana et Sahle-Work Zewde d’Éthiopie, s’est entretenu avec le coordonnateur de l’AFC, Corneille Nangaa, ainsi qu’avec Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki.

Au centre des échanges : la situation sécuritaire dans l’est du pays, le respect du cessez-le-feu, les questions humanitaires ainsi que la poursuite des discussions sur les engagements sécuritaires. La neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises figurent également parmi les questions liées au processus régional.

Cette rencontre intervient alors que l’Union africaine prépare une conférence trilatérale RDC–Rwanda–UA prévue au cours de ce mois d’octobre. Pour Kinshasa, la présence des facilitateurs à Goma relève des efforts de médiation de l’organisation panafricaine, comme l’a indiqué le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, dans une interview accordée à TV5MONDE.

Mais ces consultations prennent une dimension particulière au regard du dialogue national pour la paix et la cohésion nationale annoncé par le président Félix Tshisekedi.

Le chef de l’État a clairement exclu l’AFC/M23 de ce cadre national, estimant que ceux qui prennent les armes contre l’ordre constitutionnel ne peuvent prétendre participer aux discussions au nom de la Nation. Selon cette position, les questions liées au mouvement armé doivent être traitées dans le cadre du processus de Doha, notamment sur les aspects militaires.

Le dialogue national, dont la durée annoncée ne devrait pas dépasser trois mois, doit réunir les différentes composantes de la société congolaise autour des questions de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État. Le processus prévoit des consultations à travers les provinces avant la tenue d’assises nationales à Kinshasa et l’adoption d’un pacte national.

Kinshasa maintient toutefois une possibilité de réintégration individuelle pour les combattants qui renonceraient de manière sincère et vérifiable à la violence. Le président Tshisekedi a également insisté sur l’absence d’impunité pour les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de violences sexuelles graves.

La rencontre de Goma remet ainsi au premier plan la question de l’articulation entre les différents processus de paix en cours. Alors que l’AFC/M23 est écartée du dialogue national pour la paix et la cohésion nationale, ses dirigeants continuent d’échanger avec des facilitateurs internationaux sur la crise sécuritaire.

Matthieu BEYA

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