Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution continue de dominer la scène politique en République démocratique du Congo. Alors que la majorité présidentielle défend la nécessité d’adapter certaines dispositions constitutionnelles aux réalités actuelles du pays, l’opposition y voit une démarche susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

Lors d’une conférence de presse tenue le 6 mai 2026, le président Félix Tshisekedi a affirmé qu’il n’était pas demandeur d’un troisième mandat. Le chef de l’État a toutefois indiqué que la souveraineté appartenait au peuple, relançant ainsi les discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle.

Pour l’opposition, la question dépasse largement le cadre d’une simple révision des textes. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga, Jean-Marc Kabund et plusieurs autres figures politiques estiment qu’un changement de la Constitution pourrait avoir pour conséquence de remettre en cause les limites actuelles des mandats présidentiels.

Pour faire face à ce qu’ils qualifient de menace contre l’ordre constitutionnel, plusieurs partis politiques et mouvements citoyens ont créé la coalition C64, en référence à l’article 64 de la Constitution qui appelle les citoyens à défendre les institutions républicaines. Cette plateforme a notamment annoncé une journée ville morte prévue le 3 juin 2026 afin de protester contre le projet de révision constitutionnelle.

Au Parlement, le débat semble cependant tourner à l’avantage de la majorité présidentielle. Le projet de loi sur le référendum, considéré par ses détracteurs comme une étape importante vers une réforme constitutionnelle, poursuit son parcours législatif sans rencontrer de véritable obstacle. Pour plusieurs observateurs, l’opposition a perdu la bataille parlementaire.

Les partisans de la réforme soutiennent que le pays a besoin d’une Constitution plus adaptée aux défis actuels, notamment en matière de gouvernance, de sécurité et de fonctionnement des institutions. En face, l’opposition estime que les priorités nationales se trouvent ailleurs et craint que ce processus ne débouche sur une modification des dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels.

Alors que les positions se durcissent, le débat sur le changement de la Constitution s’annonce comme l’un des principaux sujets de confrontation politique dans les mois à venir. Entre les initiatives de la majorité et la mobilisation de l’opposition, l’avenir institutionnel du pays continue de susciter de nombreuses interrogations.

Matthieu BEYA

By admin