Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre pour une durée de 60 jours les interventions médiatiques de la journaliste et actrice sociale Paulette Kimuntu Ndombe. Cette mesure, prise le 12 octobre 2026, fait suite à ses commentaires sur le discours de l’ancien président Joseph Kabila, qu’elle a notamment présenté comme une personnalité préoccupée par la situation de la République démocratique du Congo.

Dans un acte conservatoire adopté lors de sa 26ᵉ réunion extraordinaire à Kinshasa, le Bureau du CSAC reproche à Paulette Kimuntu Ndombe d’avoir tenu, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, des propos que l’organe de régulation considère comme une apologie de la guerre dans l’Est du pays.

Selon le document, la journaliste aurait notamment affirmé que Joseph Kabila n’était pas un rebelle, mais qu’il se souciait plutôt de la RDC, qu’elle estime en danger. Le CSAC considère que ces déclarations sont susceptibles de décourager les efforts des autorités face à la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
L’organe de régulation évoque également de précédentes interpellations de la journaliste, dont la dernière remonterait au 22 septembre 2026, notamment pour des faits liés à la propagande de l’agression rwandaise et à la diffusion d’images non autorisées.
À l’article 1ᵉʳ de son acte, le CSAC décrète un embargo médiatique de 60 jours à l’encontre de Paulette Kimuntu Ndombe, à compter de la publication de la décision. L’article 3 lui interdit, durant cette période, de communiquer par les médias en ligne, les réseaux sociaux et tout autre moyen de communication de masse.
Le document demande par ailleurs aux responsables des programmes et de l’information des médias opérant en RDC, ainsi qu’aux exploitants d’autres moyens de communication, de respecter strictement cette mesure, sous peine des sanctions prévues par la loi.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions autour des prises de parole publiques relatives à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Elle remet également au centre du débat la question de l’équilibre entre la régulation des médias, la responsabilité journalistique et la liberté d’expression.
G.EKOLE
