La Société nationale d’électricité (SNEL SA) annonce une nouvelle mesure pour faire face aux difficultés de fourniture d’électricité à Kinshasa. L’entreprise prévoit de recourir à une centrale électrique flottante de 134 mégawatts (MW), en partenariat avec la société turque Karpowership.

L’annonce a été faite jeudi 1er octobre 2026 par le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, lors d’un briefing de presse à Kinshasa. Selon lui, cette solution pourrait être déployée en moins d’un mois et permettre d’injecter rapidement une puissance supplémentaire dans le réseau.

La centrale flottante doit être installée à partir de Matadi et vise notamment à contribuer à la réduction du déficit énergétique qui affecte Kinshasa et les provinces environnantes. Le directeur général de la SNEL estime que cet apport pourrait améliorer d’environ 20 % la desserte électrique dans la capitale.

Cette annonce intervient dans un contexte marqué par des délestages persistants à Kinshasa. D’après les chiffres communiqués par Teddy Lwamba, la puissance injectée dans la capitale avait atteint 700 MW entre juin et juillet 2026, avant de se situer actuellement entre 390 et 450 MW. La baisse du niveau des eaux, qui affecte la production hydroélectrique, ainsi que l’arrêt de certaines machines pour des contrôles techniques, figurent parmi les facteurs avancés pour expliquer cette situation.

Pour la SNEL, la centrale flottante constitue une réponse rapide au déficit actuel, mais elle s’inscrit également dans une démarche de diversification des sources de production. L’entreprise entend réduire sa forte dépendance à l’hydroélectricité et poursuivre, parallèlement, les investissements dans la production, le transport et la distribution.

La SNEL veut également agir sur les ressources nécessaires au fonctionnement du secteur. Son directeur général a notamment évoqué les difficultés liées au recouvrement des factures, y compris auprès de certaines institutions publiques, ainsi que la nécessité de disposer de moyens suffisants pour assurer la maintenance et le développement des infrastructures.

À cela s’ajoute la lutte contre les raccordements frauduleux, qui font partie des problèmes affectant le réseau. Pour la SNEL, l’amélioration de la desserte passe ainsi à la fois par l’augmentation de la production, la fiabilisation du réseau et l’amélioration du recouvrement.

Avec cette centrale flottante, la SNEL entend donc apporter une réponse rapide aux délestages qui touchent les Kinois, tout en poursuivant des solutions plus durables pour renforcer la capacité électrique de la capitale.

Matthieu BEYA

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