L’opposant congolais Delly Sessanga n’a pas pu quitter la République démocratique du Congo dimanche 28 juin 2026. Alors qu’il s’apprêtait à embarquer à l’aéroport international de N’djili pour un voyage en Europe, son passeport a été confisqué par les services de la Direction générale de migration (DGM), l’empêchant ainsi de prendre son vol.
Selon ce membre de la coalition C64, ce déplacement avait pour objectif de poursuivre un suivi médical à l’étranger. Il affirme souffrir encore des séquelles des blessures subies lors de la répression du sit-in de l’opposition organisé le 12 juin dernier.
D’après les autorités migratoires, cette mesure serait liée à une convocation devant la Cour de cassation. Toutefois, Delly Sessanga soutient n’avoir reçu aucune notification officielle avant son arrivée à l’aéroport. Il dénonce une décision « arbitraire » et estime que son droit constitutionnel à la liberté de circulation a été violé.
Cette affaire a rapidement suscité des réactions au sein de l’opposition. Jean-Marc Kabund, également membre de la coalition C64, a condamné une atteinte aux droits fondamentaux, rappelant que Delly Sessanga avait été blessé lors des événements du 12 juin. De son côté, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a appelé les autorités à restituer son passeport afin qu’il puisse bénéficier des soins médicaux dont il a besoin.
Cet incident intervient dans un contexte de fortes tensions politiques. La coalition C64 prévoit notamment une marche le 8 juillet prochain pour réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, qu’elle accuse de violations de la Constitution.
Matthieu BEYA
