Le ministre provincial de la Santé publique , Hygiène et Prévoyance sociale du Mai-Ndombe, Dr Mpia Nsele Dido, a dressé, ce lundi 13 avril 2026, un tableau sombre de la situation sanitaire dans la ville d’Inongo, chef-lieu de la province du Mai-Ndombe.
Cette communication fait suite à la tournée d’inspection qu’il a effectuée du 8 au 9 avril dernier dans plusieurs structures médicales, sous l’impulsion du Gouverneur de province, Nkoso Kevani Lebon.
D’entrée de jeu, le ministre a souligné que la majorité des formations sanitaires visitées présentent un état d’insalubrité préoccupant, un problème qu’il reconnaît comme ancien, mais nécessitant des réponses urgentes et structurées.
« La situation d’hygiène dans les structures était déjà connue avant ma prise de fonctions », a-t-il indiqué, tout en annonçant la mise en place d’une politique visant à instaurer et rendre opérationnels des comités d’hygiène au sein des établissements de santé.
Une phase pilote sera d’abord expérimentée à l’Hôpital général de référence d’Inongo, où un comité d’hygiène est en cours d’installation. Les stratégies qui y seront développées serviront de modèle pour une extension progressive à l’ensemble de la province, en commençant par la ville d’Inongo.
Le Dr Mpia Nsele Dido a également pointé du doigt la problématique critique de l’approvisionnement en médicaments. Il a rappelé que, dans le schéma normal, la distribution des produits pharmaceutiques devrait être assurée par le Centre de distribution régional (CDR). Cependant, suite au démembrement territorial, cette structure est restée localisée à Bandundu, laissant un vide dans la province du Mai-Ndombe.
« L’absence de points officiels de stockage et de distribution favorise une commercialisation anarchique par des privés, avec des prix fixés sans régulation », a-t-il déploré, plaidant pour l’installation d’un CDR à Inongo ou à Nioki comme solution prioritaire.
Malgré ce tableau globalement sombre, certaines structures se sont distinguées positivement. Le Centre médico-chirurgical Saturnino, ainsi que les centres Mama Yaka et Mpolo, ont été salués pour leurs efforts en matière de salubrité, réalisés avec des moyens limités. Le ministre les a encouragés à maintenir ces standards afin de servir d’exemple à d’autres établissements.
Sur le plan de la gouvernance, le ministre a mis en avant une réforme centrée sur la valorisation des ressources humaines, qu’il considère comme le pilier du système de santé. À cet effet, un programme baptisé « bon manager de la santé » a été instauré. Il vise à primer chaque année les meilleurs responsables sanitaires, notamment les médecins chefs de zone, les chefs de bureau et les coordonnateurs au niveau de la Division provinciale de la santé.
Ce mécanisme sera accompagné d’un système d’évaluation rigoureux reposant sur le principe de « carotte et bâton », combinant récompenses et sanctions en cas de contre-performance.
Le ministre a précisé qu’aucune recommandation définitive n’a encore été formulée, la mission d’évaluation étant toujours en cours. Après Inongo, la tournée se poursuit dans plusieurs territoires, notamment Bokoro, Bosobolo, Oshwe et Mimia, afin de disposer d’une analyse globale et représentative de la situation sanitaire dans l’ensemble de la province.
Reconnaissant l’ampleur des défis, le Dr Mpia Nsele Dido a insisté sur la nécessité d’un appui extérieur pour redresser le secteur de la santé au Mai-Ndombe. Il a indiqué que des démarches sont en cours pour mobiliser des partenaires techniques et financiers susceptibles de soutenir les efforts du gouvernement provincial.
S’adressant à la population, le ministre a réaffirmé son engagement à améliorer les conditions sanitaires, conformément à la confiance placée en lui par le Gouverneur de province.
Dans le même ordre d’idées, il a également lancé un appel aux professionnels de santé, les exhortant à respecter leur serment, à faire preuve de professionnalisme et à rétablir le respect du secret médical, qu’il juge aujourd’hui fragilisé.
G.EKOLE
