La prison centrale d’Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, a enregistré une importante évasion de détenus dans la nuit du 1er au 2 juin 2026. Contacté ce mercredi 3 juin, le directeur de l’établissement pénitentiaire, Mwampeti Mpongo Albert, est revenu sur les circonstances de cet incident et a lancé un appel pressant aux autorités congolaises pour la réhabilitation de cette infrastructure carcérale qu’il juge aujourd’hui inadaptée à sa mission.

Selon Mwampeti Mpongo Albert, dix-sept prévenus se sont évadés au cours de la nuit. Trois d’entre eux ont toutefois été rapidement retrouvés et remis à la disposition des autorités compétentes, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les autres fugitifs.
Le directeur explique avoir quitté la prison le 1er juin aux environs de 19h30. Vers 4 heures du matin, il a reçu un appel du chef de poste l’informant de l’évasion. Arrivé sur place entre 5 heures et 6 heures du matin, il a constaté que les autorités judiciaires s’étaient déjà rendues sur les lieux pour les premières investigations.
D’après les informations recueillies auprès du chef de poste, un mouvement suspect avait été observé vers 2 heures du matin au niveau de la fenêtre du pavillon abritant les prévenus. Quelques minutes plus tard, la fenêtre aurait cédé brusquement, permettant aux détenus de s’échapper en masse.
« Le chef de poste m’a expliqué qu’il avait remarqué des mouvements inhabituels avant que la fenêtre ne se brise. Il a immédiatement appelé ses collègues à la rescousse, mais les prévenus étaient déjà sortis en grand nombre. Certains ont même lancé des pierres sur les policiers », a rapporté le directeur.
Pour Mwampeti Mpongo Albert, cet incident met une nouvelle fois en lumière la dégradation avancée des infrastructures de la prison centrale d’Inongo.Il indique que l’établissement ne compte actuellement que deux bâtiments encore utilisables, alors que plusieurs pavillons sont fortement amortis et ne répondent plus aux exigences de sécurité. Le directeur regrette une situation devenue, selon lui, extrêmement préoccupante.
« La prison centrale d’Inongo est aujourd’hui dans un état de délabrement très avancé. Les infrastructures ne permettent plus d’assurer efficacement la garde des prévenus. Je sollicite l’implication de l’État congolais pour la réhabilitation de cette prison afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent », a-t-il plaidé.
Face à cette situation, les autorités judiciaires et sécuritaires poursuivent les enquêtes afin d’établir les responsabilités et de retrouver les détenus encore en fuite. Cette évasion relance également le débat sur l’état des infrastructures pénitentiaires en République démocratique du Congo et sur la nécessité d’investissements conséquents pour renforcer la sécurité des établissements carcéraux.
G.EKOLE
