À l’épreuve des faits, le bilan des députés provinciaux du Mai-Ndombe depuis l’ouverture de la législature en 2024 frôle le constat d’échec. Faible production législative, quasi-inexistence du contrôle parlementaire, absence d’initiatives marquantes : l’Assemblée provinciale semble évoluer en marge des attentes de la population. Dans une province confrontée à de multiples défis, cette inertie des 18 élus interroge non seulement leur efficacité, mais aussi leur capacité à incarner pleinement leur rôle de représentants du peuple et de garants de la bonne gouvernance.

Près de trois ans après le début de la législature, le bilan en matière de propositions d’édits reste largement en deçà des standards attendus. Aucun texte majeur d’initiative parlementaire n’a marqué l’agenda de l’Assemblée provinciale, laissant le champ normatif dominé par l’exécutif provincial. Cette situation alimente les critiques sur le rôle des élus, constitutionnellement investis de la mission de légiférer pour encadrer la gouvernance locale, réguler les secteurs clés santé, éducation, environnement, fiscalité provinciale et impulser des réformes adaptées aux réalités du Mai-Ndombe.
Au-delà de la fonction législative, le contrôle de l’action gouvernementale apparaît lui aussi peu exercé. Rares sont les initiatives de questions orales ou écrites adressées aux membres du gouvernement provincial. Les interpellations, motions d’information ou de défiance, pourtant prévues par les textes, se font discrètes, voire inexistantes. Cette faiblesse du contrôle parlementaire limite la redevabilité de l’exécutif et affaiblit l’équilibre institutionnel au niveau provincial.
Pourtant, l’arsenal dont disposent les députés provinciaux est large. Outre les propositions d’édits et les mécanismes de contrôle, plusieurs leviers demeurent insuffisamment mobilisés : Les questions d’actualité pour réagir aux urgences provinciales, Les missions d’information et d’enquête parlementaire sur la gestion des services publics, Les auditions en commissions des responsables administratifs et techniques, Les résolutions et recommandations adressées au gouvernement provincial. L’initiative budgétaire, notamment à travers l’examen critique et les amendements du budget provincial, le suivi de l’exécution des édits et des politiques publiques, La diplomatie parlementaire locale, incluant les échanges avec d’autres assemblées provinciales ou partenaires, L’encadrement des préoccupations citoyennes via des consultations publiques et la remontée des doléances des circonscriptions.
Avec 18 députés provinciaux, l’Assemblée du Mai-Ndombe dispose pourtant d’un effectif suffisant pour structurer un travail parlementaire soutenu, réparti entre commissions permanentes et plénières. L’absence d’initiatives ne saurait donc être imputée à un déficit de ressources humaines, mais plutôt à un manque d’engagement politique, de coordination interne ou de culture de redevabilité.
Face aux défis persistants enclavement, accès aux soins, qualité de l’enseignement, gouvernance des ressources naturelles les populations attendent des élus une implication accrue. La société civile, de plus en plus vigilante, appelle à un sursaut institutionnel afin de redonner sens au mandat parlementaire et restaurer la confiance entre gouvernés et gouvernants.
Pour inverser la tendance, plusieurs pistes sont évoquées : renforcement des capacités des députés en technique législative, redynamisation des commissions permanentes, instauration d’un calendrier parlementaire rigoureux, et mise en place d’indicateurs de performance des élus. À cela s’ajoute l’impératif d’une volonté politique affirmée de replacer l’Assemblée provinciale au cœur du jeu institutionnel.
La crise d’initiative qui caractérise l’Assemblée provinciale du Mai-Ndombe depuis 2023 constitue un signal d’alarme pour la vitalité démocratique locale. Sans un réveil rapide des 18 députés provinciaux, le risque est grand de voir perdurer une gouvernance déséquilibrée, au détriment du développement et du bien-être des populations.
G.EKOLE
