La République démocratique du Congo poursuit la modernisation de sa gestion des finances publiques. Au nom du Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, le Vice-ministre du Budget, Élysé Bokumwana, a procédé, mercredi 22 juillet 2026 à Kinshasa, à la clôture des conférences de performance consacrées à l’examen des Projets annuels de performance (PAP) devant accompagner le projet de loi de finances de l’exercice 2027. Dans son allocution de clôture, Élysé Bokumwana a souligné que les conclusions de ces assises alimenteront les conférences budgétaires qui s’ouvrent cette semaine, tout en insistant sur la nécessité d’une mobilisation collective pour réussir la transition vers le budget-programme.
« Le rapport final de ces conférences constituera un apport aux conférences budgétaires. La réussite de la réforme du budget-programme repose avant tout sur notre capacité collective à nous mobiliser, à nous corriger et à avancer ensemble, dans un dialogue permanent entre les équipes techniques et la hiérarchie », a-t-il déclaré.
Les conférences ont réuni 53 administrations sur les 57 attendues. Sous la coordination des secrétaires généraux et de leurs représentants, les délégations ministérielles ont travaillé avec les experts du ministère du Budget sur les principales composantes des Projets annuels de performance, notamment les stratégies sectorielles, les objectifs, les indicateurs de performance, les résultats attendus ainsi que l’évolution des crédits et des effectifs.
Au terme des travaux, les participants ont examiné 171 programmes, 624 actions, 231 objectifs stratégiques, 700 objectifs opérationnels et 1 612 indicateurs de performance. Ces échanges ont permis d’évaluer la qualité des PAP, de relever les insuffisances techniques et méthodologiques et de formuler des recommandations destinées à améliorer leur conformité aux exigences du budget-programme.
Présentant le rapport de synthèse, le Directeur général de la Direction générale de développement et de suivi des performances (DGDSP), Alain Lubamba, a mis en évidence plusieurs défis majeurs. Parmi ceux-ci figurent la concentration de plus de 60 % des crédits dans le programme « Administration générale », la faiblesse de certains indicateurs de performance, des stratégies sectorielles encore insuffisamment développées, des tableaux budgétaires incomplets ainsi que la nécessité de renforcer les capacités des équipes techniques et de stabiliser les acteurs impliqués dans l’élaboration des PAP.
L’analyse qualitative des indicateurs révèle que 35 % mesurent l’efficacité socio-économique des politiques publiques, 10 % évaluent la qualité des services rendus aux citoyens, 0,5 % seulement portent sur l’efficience de la gestion publique, tandis que 54,5 % demeurent encore orientés vers les moyens, les activités ou les produits.
Le rapport souligne également une évolution significative du cadre de performance, avec 71 % des objectifs de performance et 67 % des indicateurs nouvellement introduits, traduisant une meilleure appropriation progressive de la budgétisation axée sur les résultats. Les participants ont recommandé de poursuivre le renforcement des capacités des acteurs du budget-programme, d’améliorer la qualité des indicateurs de performance, de renforcer la vulgarisation des textes régissant cette réforme, d’élaborer un guide sur les critères de sélection des opérateurs de l’État conformément au décret sur la gouvernance budgétaire, ainsi que de consolider la collaboration entre les cabinets ministériels, les secrétariats généraux et les services techniques.
Pour sa part, le Directeur général Alain Lubamba a estimé que, malgré les défis identifiés, ces conférences ont permis de mesurer le niveau de maturité des ministères dans l’appropriation du budget-programme, de valider les Projets annuels de performance qui accompagneront le projet de loi de finances 2027, de renforcer la culture de la performance au sein de l’administration publique et d’améliorer le dispositif d’évaluation grâce à une meilleure documentation des indicateurs.
Cette édition revêt une importance particulière, puisqu’elle constitue l’avant-dernière conférence de performance avant l’entrée en vigueur officielle du budget-programme, prévue le 1er janvier 2028. Cette échéance marquera une étape décisive dans la réforme de la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo, après les moratoires accordés par la Représentation nationale en 2018 et en 2023.
G.EKOLE
