Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, se retrouve au cœur d’une controverse politique, après avoir été ciblé par deux questions orales avec débat à l’Assemblée nationale. En cause : un possible détournement de fonds publics liés au projet de construction de la prison de Kisangani.
L’alerte a été donnée par Fontaine Mangala, député national élu de Kisangani, qui affirme que les montants engagés dépasseraient largement les chiffres officiels. Il pointe également des zones d’ombre concernant la gestion des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des guerres de Kisangani, versés par l’Ouganda.
Cette initiative parlementaire suscite des réactions contrastées. Pour certains élus, elle s’inscrit dans le cadre normal du contrôle démocratique. Pour d’autres, elle pourrait cacher des intentions politiques, notamment à l’approche de l’élection présidentielle de 2028. Constant Mutamba, considéré comme une figure montante de la scène nationale, est d’ailleurs régulièrement cité parmi les potentiels candidats.
Depuis sa nomination à la tête du ministère de la Justice, Mutamba s’est pourtant positionné comme un fervent défenseur de la transparence et de la lutte contre la corruption. Il a à plusieurs reprises exprimé son engagement pour le respect des procédures administratives et la bonne gouvernance.
Face aux accusations, le ministre a fermement rejeté tout soupçon de malversation. Dans un communiqué daté du 11 mai, il a affirmé qu’aucun fonds n’a été décaissé, ni du compte du ministère de la Justice, ni du Trésor public.
L’affaire relance toutefois le débat sur les frontières parfois floues entre contrôle parlementaire légitime et instrumentalisation politique de la justice.
Matthieu BEYA
