Le Programme de Réduction des Émissions (PRE) du Maï-Ndombe franchit une nouvelle étape dans sa mise en œuvre. Réunis à Inongo, ce jeudi 05 novembre 2026 sous la présidence du gouverneur de province, Lebon Nkoso Kevani, les membres du Comité provincial de pilotage (COPIL), organisé avec l’appui de l’Unité de coordination du Programme d’investissement pour la forêt (UC-PIF), ont examiné les activités réalisées en 2026 et validé à l’unanimité le Plan de travail et budget annuel (PTBA) pour l’exercice 2027.

Ces assises se sont déroulées dans la salle du Cinquantenaire des Sœurs de l’Immaculée Conception, en présence des huit administrateurs de territoire de la province, de cinq chefs de divisions provinciales, du GTCRR provincial, d’un représentant des peuples autochtones ainsi que du REPALEF. Les travaux se sont tenus dans un climat harmonieux et constructif.

Ouvrant les travaux, le gouverneur Lebon Nkoso Kevani, en sa qualité de président du COPIL, a rappelé le contexte et les enjeux de ce programme environnemental. Il a notamment souligné qu’en septembre 2018, la République démocratique du Congo avait signé avec le Fonds carbone de la Banque mondiale un contrat historique d’achat-vente de réductions d’émissions (CAVRE/ERPA), visant la réduction vérifiée de 11 millions de tonnes de CO₂, pour une valeur de 55 millions de dollars américains.

« Les paiements y afférents proviennent du Fonds de partenariat pour le carbone forestier, un partenariat mondial hébergé par la Banque mondiale et spécialisé dans le financement de la protection de l’environnement », a-t-il expliqué.

Le gouverneur a également rappelé que le plan de partage des bénéfices s’applique durant toute la durée du programme, avec une répartition de 70 % des paiements provenant du Fonds carbone de la Banque mondiale et de 30 % des produits issus de la vente des autres réductions d’émissions.

Évoquant les avancées enregistrées, il a indiqué que la RDC avait déjà soumis les deux premiers rapports de suivi couvrant les périodes 2019-2020 et 2021-2022, permettant ainsi de bénéficier des premier et deuxième décaissements de l’ERPA. Le troisième rapport, couvrant la période 2023-2024, est actuellement en cours de finalisation à la Direction des inventaires et aménagement forestiers (DIAF).

« La présente réunion nous invite à faire le bilan du chemin parcouru en 2026 et à préparer 2027, en gardant à l’esprit la date de clôture de l’ERPA », a précisé Lebon Nkoso Kevani.

Il a également annoncé que les travaux devaient permettre de faire le point sur la mise en œuvre du plan de partage des bénéfices, les activités financées par les paiements basés sur la performance, celles réservées aux peuples autochtones dans le cadre des paiements non basés sur la performance, ainsi que le programme d’activités du gouvernement provincial. Le chef de l’exécutif provincial a, par ailleurs, insisté sur l’importance du mécanisme de gestion des plaintes, dont le processus de vulgarisation doit être engagé auprès des communautés.

« Il permettra à chacun de s’exprimer, de poser une plainte et de la voir traitée selon une procédure claire. C’est une garantie de bonne gouvernance et de transparence », a-t-il souligné, annonçant l’implication des représentants du GTCRR et des acteurs concernés pour renforcer les capacités et expliquer ce mécanisme dans les huit territoires de la province.

Prenant la parole au nom du coordonnateur national de l’UC-PIF, Yannick Lwamba, expert en suivi et évaluation, a rappelé le rôle stratégique du Comité provincial de pilotage dans la coordination et le suivi du programme.

« Le comité de pilotage que nous tenons aujourd’hui constitue un organe clé de gouvernance locale du projet, un cadre stratégique de coordination, d’orientation, de suivi et de redevabilité », a-t-il déclaré.

Il a également fait savoir que cette deuxième réunion intervient dans un contexte marqué par le démarrage sur le terrain des activités confiées aux structures locales retenues comme agences locales d’exécution, dans le cadre des paiements basés sur la performance. Ces structures ont notamment été appelées à présenter l’état de déploiement de leurs activités depuis la signature de leurs contrats, ainsi que la planification des interventions proposées pour l’année 2027. L’UC-PIF devait également présenter l’évolution des autres activités conduites avec l’appui des assistants techniques.

Saluant la présence des administrateurs de territoire, Yannick Lwamba a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage les services techniques provinciaux et territoriaux pour accompagner les équipes de l’UC-PIF et les agences locales d’exécution.

« Je réitère l’engagement de l’UC-PIF à travailler en étroite collaboration avec les structures provinciales et locales, dans un esprit de partenariat et de transparence », a-t-il affirmé, souhaitant que les décisions du COPIL renforcent l’impact du programme dans la province.

De son côté, le ministre provincial de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, Jean-Claude Nongo Ilonga, a salué les efforts consentis par les différents partenaires pour concrétiser le programme du Maï-Ndombe.

Évoquant sa participation à la Semaine du climat, il a particulièrement mis en avant la visibilité de la province dans les échanges internationaux consacrés à la protection de l’environnement.

« Sincèrement, je préfère vous dire que la province de Maï-Ndombe était la province star. Aucun jour, aucun panéliste ne pouvait passer sans parler du Maï-Ndombe », a-t-il déclaré, avant de remercier les acteurs qui ont contribué à la concrétisation du projet.

Le ministre provincial a également appelé à préserver les acquis du programme et à ne pas céder aux discours qui présentent constamment la province sous un jour négatif.

« C’est à nous, aujourd’hui, la responsabilité de pouvoir le pérenniser. C’est en restant unis, transparents et engagés que nous parviendrons à transformer notre immense capitale forestière en un levier d’économie verte et de bien-être social durable », a-t-il insisté.

Au terme des échanges, les membres du Comité provincial de pilotage ont validé à l’unanimité le Plan de travail et budget annuel (PTBA) 2027, marquant ainsi leur engagement à poursuivre les efforts en faveur de la réduction des émissions, de la conservation des ressources forestières et de l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.

Organisées avec l’appui de l’UC-PIF, ces assises constituent une étape importante dans le suivi du Programme de Réduction des Émissions du Maï-Ndombe, dont la réussite repose notamment sur la collaboration entre les institutions provinciales, les services techniques, les communautés locales et les partenaires du secteur environnemental.

G.EKOLE

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