L’opposant Prince Epenge, président de l’ADD Congo et porte-parole de la coalition Lamuka/C64, a été interpellé dimanche 25 octobre 2026 à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Rome. Selon une source proche de l’opposition, il a ensuite été conduit au Conseil national de cyberdéfense (CNC), le visage couvert d’une cagoule.
Cette interpellation serait liée à ses déclarations sur la mort de Manassé Lomboto, militant et chargé de sécurité de l’ADD Congo, décédé après la marche organisée le 15 septembre dernier par la coalition C64. Prince Epenge est notamment poursuivi pour « propagation de faux bruits », alors que les circonstances du décès font toujours l’objet d’une enquête.
La mort de Manassé Lomboto suscite des accusations entre l’opposition et le pouvoir. La coalition C64 attribue les violences ayant conduit à son décès à la Force du progrès, une structure de l’UDPS partiau pouvoir. De son côté, une source de l’opposition accuse les autorités d’exercer des pressions sur l’hôpital afin d’orienter les conclusions médicales vers une mort naturelle.
Le dossier a également pris une dimension politique après les accusations formulées le 14 octobre par l’ADD Congo contre Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS. Le parti de Prince Epenge lui reprochait d’avoir rencontré en secret la famille biologique du défunt, une démarche qu’il interprétait comme une tentative d’« achat de conscience ».
Pendant ce temps, l’autopsie annoncée par le parquet n’a toujours pas été réalisée. La dépouille de Manassé Lomboto demeure à la morgue du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire.
Matthieu BEYA
