Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a exprimé ses réserves à l’égard de la Constitution du 18 février 2006. Il s’est prononcé sur cette question samedi 24 octobre 2026, devant les députés nationaux et les sénateurs membres de l’Union sacrée de la nation, réunis à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa.

« Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c’est votre responsabilité », a déclaré le chef de l’État, renvoyant à sa famille politique la responsabilité de se prononcer sur un éventuel changement de la loi fondamentale.

Félix Tshisekedi a également évoqué l’échéance de 2028, année prévue pour la prochaine élection présidentielle. « Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là », a-t-il affirmé, selon les propos rapportés lors de cette rencontre. Il a, par ailleurs, présenté sa mission comme celle de remettre le pays sur les rails et d’instaurer une paix véritable et durable.

Cette déclaration intervient alors que la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), qui rassemble plusieurs figures de l’opposition congolaise, s’oppose catégoriquement à tout changement de la Constitution et à toute perspective d’un troisième mandat présidentiel pour Félix Tshisekedi.

La coalition accuse le chef de l’État de chercher à changer le cadre constitutionnel pour se maintenir au pouvoir au-delà de 2028. Elle qualifie cette éventualité de « putsch constitutionnel » et estime qu’un changement de la Constitution visant à prolonger le pouvoir présidentiel constituerait une atteinte grave à l’ordre constitutionnel.

Le débat sur l’avenir de la Constitution intervient à deux ans de la prochaine échéance présidentielle. Alors que Félix Tshisekedi renvoie à sa famille politique la responsabilité de se prononcer sur un éventuel changement, l’opposition y voit un risque pour l’alternance démocratique.

Matthieu BEYA

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