Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déploré l’interdiction faite aux membres du cabinet du président Félix Tshisekedi d’entrer en contact avec l’ambassade de Belgique en République démocratique du Congo (RDC). Il espère que cette mesure sera temporaire et assure que d’autres canaux diplomatiques restent ouverts.

Contacté par Jeune Afrique, le chef de la diplomatie belge a déclaré avoir appris « avec surprise l’interdiction émise par les hautes autorités congolaises » concernant les contacts avec la représentation diplomatique belge à Kinshasa.

« Aucune situation ne justifie cette interdiction. Nous sommes contraints d’en prendre acte et la déplorons profondément », a-t-il réagi, tout en exprimant l’espoir de voir cette mesure rester « extrêmement temporaire ».

Malgré cette restriction, Maxime Prévot a précisé que les échanges entre les deux pays pouvaient se poursuivre par d’autres voies.

« D’autres canaux diplomatiques restent pleinement actifs », a-t-il assuré, réaffirmant l’attachement de la Belgique à « l’excellence de ses relations bilatérales avec la RDC ».

De son côté, la présidence congolaise a confirmé vendredi 16 octobre auprès de l’Agence congolaise de presse (ACP) l’authenticité de la note interne signée le 15 octobre par Anthony Nkinzo Kamole, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Elle présente cette décision comme une mesure d’organisation interne visant à encadrer les échanges avec l’ambassade belge.

« Il s’agit avant tout d’une mesure d’organisation interne visant à mieux encadrer et coordonner les échanges entre les membres du Cabinet du Président de la République et l’Ambassade de Belgique », a expliqué un responsable de la présidence à l’ACP.

Selon cette source, l’objectif est d’éviter « la multiplication d’initiatives individuelles et de contacts non concertés », afin de garantir une communication cohérente et conforme aux canaux institutionnels établis.

« La volonté est de mettre de l’ordre dans les mécanismes de communication et de coordination institutionnelle », a ajouté ce responsable.

Notons que cette décision est intervenue, après des perquisitions menées le 14 octobre en Belgique dans le cadre d’une enquête pour blanchiment visant notamment des résidences liées à la famille présidentielle, selon les informations rapportées sur cette affaire.

Le lendemain, l’ambassadrice belge en RDC, Roxane de Bilderling, a été reçue par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, pour des échanges sur les relations entre les deux pays.

À ce stade, les autorités congolaises présentent cette mesure comme un mécanisme de coordination institutionnelle, tandis que Bruxelles la déplore. Les deux parties indiquent néanmoins que d’autres canaux diplomatiques restent disponibles pour maintenir les échanges entre la RDC et la Belgique.

Matthieu BEYA

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