L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est annoncé à la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire dénommé Front pour la refondation de la Nation (FRN). Sa création a été annoncée ce lundi 12 octobre 2026 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans une déclaration qui présente cette nouvelle structure comme la successeure de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23).

Selon l’organigramme communiqué lors de cette annonce, Joseph Kabila dirigera le mouvement, avec Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents. Le général Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major général, avec rang de vice-président. Freddy Kaniki occupe le poste de secrétaire général, tandis que Benjamin Bonimpa est désigné secrétaire général adjoint.

Cette réorganisation annoncée intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’est de la RDC, où l’AFC/M23 contrôle plusieurs zones stratégiques.

La création annoncée du FRN rappelle les observations formulées quelques mois plus tôt par le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC.

Dans son rapport final de juin 2026, les experts évoquaient la possibilité d’un remaniement important de la direction et de la structure de l’AFC/M23, notamment à travers un changement de nom et une redistribution des responsabilités. Le rapport faisait également état d’un possible rôle de premier plan pour Joseph Kabila au sein de cette nouvelle configuration.

Les experts s’interrogeaient notamment sur les conséquences politiques d’une telle évolution. Selon leur analyse, la mise en avant de l’ancien président pourrait contribuer à présenter la rébellion comme un mouvement essentiellement congolais, alors que les Nations unies et plusieurs gouvernements occidentaux accusent le Rwanda de soutenir le M23.

Cette annonce intervient également après la récente prise de parole de Joseph Kabila, qui a vivement critiqué la gouvernance du président Félix Tshisekedi et la situation politique et sécuritaire du pays.

L’ancien chef de l’État, qui avait jusqu’ici nié toute implication dans la rébellion, se retrouve désormais présenté à la tête d’une structure politico-militaire réunissant plusieurs figures majeures de l’AFC/M23.

Cette nouvelle configuration pourrait peser sur les équilibres politiques et militaires dans l’est du pays, ainsi que sur les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.

Matthieu BEYA

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