La campagne de vente des vignettes de l’impôt réel sur les véhicules pour l’exercice fiscal 2026 est officiellement lancée dans la province du Maï-Ndombe. La cérémonie, tenue ce jeudi 8 octobre, a été marquée par un geste destiné à donner le ton : le gouverneur de province, Nkoso Kevani, s’est acquitté de la vignette de son véhicule, tandis que le directeur général de la Direction générale des recettes du Mai-Ndombe (DGRM), Trésor Tshibasu Kanyanya, a lui aussi acheté la vignette de sa moto.
Au-delà du caractère symbolique de ces deux paiements, les responsables provinciaux veulent faire de cette campagne un rendez-vous autour du civisme fiscal, de la mobilisation des recettes propres et de la lutte contre les pratiques frauduleuses.
Prenant la parole lors du lancement, le gouverneur Nkoso Kevani a présenté la vignette comme davantage qu’une simple formalité administrative.

Selon lui, les recettes fiscales constituent l’un des moyens permettant à la province de financer ses priorités et de répondre aux besoins de la population. « La vignette n’est pas une simple formalité administrative, elle constitue un instrument de mobilisation des recettes publiques », a-t-il souligné.
Le chef de l’exécutif provincial a ainsi appelé les propriétaires de véhicules et les autres assujettis concernés à s’acquitter de leurs obligations dans le respect des règles établies. Mais son message ne s’est pas limité aux contribuables. Le gouverneur a également interpellé les agents chargés de la perception, leur demandant de faire preuve de professionnalisme, d’intégrité et de transparence.
Il a notamment mis en garde contre la fraude, la corruption, les perceptions parallèles et les pratiques susceptibles de décourager les contribuables.
Pour Nkoso Kevani, la confiance entre l’administration fiscale et les citoyens constitue une condition essentielle à une mobilisation durable des recettes. « Un franc mobilisé est un franc qui doit être tracé. Un franc mobilisé est un franc qui doit être sécurisé », a-t-il martelé.
Le gouverneur a par ailleurs insisté sur la nécessité de lutter contre la tracasserie administrative et fiscale, estimant que le contribuable doit payer ce qui est légalement dû, tandis que l’administration doit garantir la sécurisation et la traçabilité des recettes.
Dans son intervention, le directeur général de la DGRM, Trésor Tshibasu Kanyanya, a replacé la campagne dans une perspective plus large : celle de la capacité de la province à compter davantage sur ses ressources propres. Pour lui, une province qui veut financer ses infrastructures et ses politiques publiques doit d’abord renforcer sa capacité de mobilisation des recettes.
« Une province qui veut se développer doit disposer des ressources propres », a-t-il déclaré.» Le responsable de la régie financière provinciale a appelé les contribuables à changer leur perception de l’impôt et à considérer le paiement de la vignette comme un acte de participation au développement du Mai-Ndombe.
La période de vente libre est annoncée du 8 octobre au 30 novembre 2026, selon les précisions données lors du lancement. La DGRM indique notamment un tarif de 40 000 francs congolais pour les motos durant cette période, tandis que les autres catégories de véhicules sont annoncées à 150 000 francs congolais. Les tarifs communiqués pour les embarcations sont de 300 000 francs pour les baleinières, 200 000 francs pour les coques, 500 000 francs pour les canots rapides et 1 000 000 de francs pour les bateaux.

La DGRM précise également qu’après la période de vente libre, le montant annoncé pour la vignette d’une moto passerait à 60 000 francs congolais dans le cadre du recouvrement forcé. L’une des principales nouveautés de cette campagne concerne la numérisation expérimentale de la vente des vignettes dans la ville d’Inongo.
Le dispositif repose notamment sur une vignette autocollante munie d’un code, ainsi que sur l’utilisation d’un terminal permettant d’enregistrer les informations du contribuable et celles du véhicule. Après paiement, le contribuable doit recevoir la vignette ainsi que la facture correspondante. Cette facture constitue, selon la DGRM, une pièce importante lors des opérations de contrôle.
L’objectif affiché est double : améliorer la traçabilité des recettes et rendre plus difficile la falsification des vignettes. Le DG de la DGRM explique que lors d’un contrôle, les agents pourront scanner la vignette apposée sur le véhicule afin de vérifier les informations enregistrées au moment du paiement. Si l’expérimentation d’Inongo donne les résultats attendus, la DGRM envisage de l’étendre progressivement à d’autres parties de la province.
La question de la fraude a occupé une place importante dans les échanges avec les responsables de la régie. Trésor Tshibasu Kanyanya reconnaît que les campagnes fiscales peuvent être exposées à différentes pratiques frauduleuses. Pour cette édition, l’administration mise notamment sur la numérisation à Inongo pour renforcer le contrôle de l’authenticité des vignettes. Le DG demande également aux contribuables de conserver leur facture et de vérifier attentivement les informations qui y figurent.
Il invite surtout les assujettis à signaler les comportements irréguliers des agents. De leur côté, les agents de la DGRM sont appelés à respecter les tarifs officiels et les procédures établies. « Aucun dérapage ne sera toléré », a prévenu le directeur général, qui a demandé à ses agents de ne pas utiliser leurs fonctions pour tracasser ou intimider les contribuables.»
Le paiement effectué publiquement par le gouverneur pour son véhicule, puis celui du directeur général de la DGRM pour sa moto, donnent une dimension particulière au lancement. Le geste se veut un signal adressé aux propriétaires de véhicules : les responsables appelés à promouvoir le civisme fiscal commencent eux-mêmes par s’acquitter de leurs obligations.
Le gouverneur a d’ailleurs salué l’action du comité directeur de la DGRM et de son directeur général, notamment pour les efforts engagés en matière de redressement de la régie et de réorganisation de son fonctionnement. Mais au-delà de la cérémonie, le véritable enjeu se situera désormais sur le terrain : convaincre les contribuables de payer volontairement, garantir la transparence des opérations et faire en sorte que les recettes effectivement mobilisées puissent être retracées.

Pour la DGRM, le rendez-vous est donc fixé au 30 novembre 2026, date annoncée comme la fin de la période de vente libre. D’ici là, l’administration fiscale provinciale devra transformer les engagements pris lors du lancement en résultats concrets : davantage de contribuables en ordre, moins de fraude, moins de tracasseries et une meilleure traçabilité des recettes.
Au Maï-Ndombe, la campagne des vignettes 2026 commence ainsi avec un message simple : le civisme fiscal ne peut être exigé des citoyens que si l’administration elle-même donne des garanties de transparence et d’exemplarité.
G.EKOLE
