Le député national élu du territoire de Kiri, Castro Bamboka, a exprimé sa « déception totale » après la non-tenue, ce mercredi 16 septembre 2026 à Inongo, de la table ronde consacrée à la cohésion entre les communautés de Kiri et d’Inongo. L’élu s’est exprimé lors d’un point de presse avec les professionnels des médias, alors qu’il affirme avoir été informé de l’annulation de la rencontre seulement 24 heures avant sa tenue.
Cette table ronde, annoncée depuis le mois d’août, devait réunir notamment des représentants des communautés concernées, des notables et des autorités locales sous l’égide du gouverneur du Maï-Ndombe, Lebon Nkoso Kevani. L’initiative avait été présentée comme un cadre de dialogue et d’apaisement. « Bon, je vous avoue que c’est une déception totale », a déclaré Castro Bamboka devant la presse, expliquant que des échanges avaient eu lieu avec le gouverneur après les événements du mois d’août et qu’un accord avait été trouvé pour organiser la rencontre en septembre.
Selon lui, les deux parties avaient finalement retenu les dates des 16 et 17 septembre, avant que le gouverneur ne lui indique que le 17 ne lui convenait pas en raison d’un déplacement.
« Il m’a donné les agendas. Premièrement, il m’a dit qu’il va faire un déplacement le 17. Le 17, c’est mieux que ça se tienne aujourd’hui, le 16 », a rapporté le député national.
Castro Bamboka affirme également avoir été sollicité pour communiquer le nombre de délégués devant prendre part à la rencontre, ce qu’il dit avoir fait afin de permettre l’organisation des invitations. Il indique avoir ensuite informé plusieurs responsables locaux et notables de sa venue à Inongo.
Mais, selon son récit, un message reçu à environ 24 heures de la rencontre lui a annoncé que le comité de sécurité avait jugé la rencontre inopportune« Un mois durant, si le comité de sécurité avait signalé que cette rencontre était inopportune, on aurait dû me le signifier pour que je ne me déplace pas », a-t-il déploré.
Arrivé à Inongo dans l’avant-midi, l’élu de Kiri affirme n’avoir reçu aucun appel du gouverneur pour lui expliquer directement la situation.
« Je n’ai pas eu le coup de fil du gouverneur. Soit pour s’excuser, soit pour me dire quoi que ce soit à ce sujet », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’annulation de la rencontre, Castro Bamboka a fait part de ses préoccupations concernant les déclarations faites antérieurement sur les tensions entre certaines communautés de Kiri et d’Inongo.
Il affirme avoir été particulièrement inquiet après des propos faisant état d’affrontements entre des occupants de Bambe-Belali, dans le territoire d’Inongo, et ceux de Bambe, dans le territoire de Kiri.
« Je viens d’être à Bambe les informations que j’ai eues ne rassurent pas la sécurité », a-t-il affirmé, estimant que la situation nécessitait davantage de dialogue plutôt qu’une interruption des échanges.
L’élu national dit par ailleurs avoir constaté, lors de ses contacts avec les communautés concernées, que celles-ci lui ont assuré ne pas avoir de problème direct entre elles.
« Je suis content que les deux communautés m’ont avoué qu’ils n’ont pas de problème entre eux. Mais c’est de l’huile que le gouverneur voulait jeter dans le feu qui m’inquiète », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il ne prêtait pas de mauvaises intentions au chef de l’exécutif provincial.
Tout en reconnaissant que Lebon Nkoso Kevani est issu de la même coalition politique que lui, Castro Bamboka dit vouloir privilégier la préservation de la paix dans les communautés.
« Quel que soit ce qu’on peut me proposer, je ne voudrais pas qu’on marche sur la population. Je ne voudrais pas qu’on crée des foyers de tension dans mon territoire », a-t-il insisté.
Il demande notamment au gouverneur de clarifier les bases de certaines déclarations concernant le secteur de Lutoy et les limites administratives évoquées dans le débat.
« Je lui demande de se ressaisir. Premièrement, de prendre le courage de s’expliquer pour que la communauté le suive. En vertu de quoi il a tenu de tels propos ? », a lancé le député national.
Castro Bamboka estime que toute modification ou abrogation des actes administratifs concernant les entités locales devrait être clairement établie.
« Est-ce qu’il a des actes qui abrogent les actes antérieurs créant le secteur de Lutoy ? Si tel est le cas, qui le met à la disposition ? Je serai le premier à convaincre cette population intérieure à se calmer », a-t-il déclaré.
Pour l’élu de Kiri, la priorité demeure d’éviter une nouvelle montée des tensions entre les communautés.
« Il est temps qu’il se ressaisisse, parce qu’il n’y aura pas seulement moi, il y aura également la communauté », a conclu Castro Bamboka.
La table ronde annoncée pour le 16 septembre devait justement servir de cadre aux échanges entre les communautés Ekonda de Kiri et Bolia d’Inongo. Quelques jours avant la date prévue, le sénateur Anicet Babanga avait également recommandé une consultation élargie des notables, élus et représentants communautaires avant la tenue de cette rencontre.
G.EKOLE
