Le lancement du processus de dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi continue de susciter des réactions au sein de l’opposition congolaise.
José Makila, membre de la plateforme Sauvons la RDC, estime que les orientations données par le chef de l’État ne permettent pas de garantir un dialogue réellement consensuel.
Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 28 août, il qualifie le discours présidentiel de « grave déception ». Selon lui, le président de la République ne devrait pas être simultanément à l’origine du dialogue, définir ses règles et en assurer l’arbitrage.
José Makila appelle ainsi à un processus dans lequel les différentes parties prenantes participeraient à la définition du cadre et des modalités des discussions. Il plaide pour un dialogue qu’il souhaite « libre, inclusif et sincère ».
Cette réaction intervient au lendemain du discours de Félix Tshisekedi annonçant la convocation d’un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Le chef de l’État a notamment annoncé des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Le processus devrait s’étendre sur une période de trois mois.
Félix Tshisekedi a également exclu de ce dialogue toute négociation avec les acteurs qu’il considère comme liés à l’agression de la RDC, notamment l’AFC-M23. Il a par ailleurs indiqué que les résultats de l’élection présidentielle de 2023 ne pourraient pas être remis en cause dans le cadre de ces discussions.
Pour José Makila, ces limites risquent de réduire la portée du dialogue alors que le pays reste confronté à une grave crise sécuritaire et politique.
Le débat porte désormais sur la capacité de ce processus à rassembler les différentes forces politiques et sociales autour d’une sortie de crise acceptée par tous.
Matthieu BEYA
