Le président rwandais Paul Kagame a réitéré la position de son pays sur la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. S’exprimant le 17 juillet 2026 lors d’une réunion du Bureau politique du Front patriotique rwandais (FPR) à Kigali, il a affirmé que le Rwanda ne restera pas passif face à la menace que représenteraient, selon lui, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Au cours de son intervention, Paul Kagame a déclaré qu’il ne se tairait jamais sur cette question, affirmant qu’il ne cessera d’en parler « que lorsqu’il sera mort ». Il a ajouté que si les autorités congolaises ou la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) ne neutralisent pas les FDLR, le Rwanda se réservera le droit d’agir unilatéralement pour assurer sa sécurité.
De son côté, le gouvernement congolais rejette fermement cette justification. Kinshasa soutient depuis plusieurs années que les FDLR ne constituent plus une menace réelle pour le Rwanda et accuse Kigali d’utiliser cet argument pour justifier sa présence militaire dans l’est de la RDC et l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises. Les autorités congolaises continuent par ailleurs d’accuser le Rwanda de soutenir le mouvement rebelle M23.
Ces nouvelles déclarations interviennent alors que l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda peine encore à produire des résultats concrets. Malgré les engagements pris par les deux parties, la situation sécuritaire demeure fragile dans l’est du pays, où les affrontements persistent et où la méfiance entre Kinshasa et Kigali continue de compliquer les efforts de paix.
Matthieu BEYA
