Invité de l’émission diffusée ce samedi 23 mai 2026 sur OB12 TV à Kinshasa, l’ancien vice-gouverneur de la province du Mai-Ndombe, Jack’s Mbombaka Bokoso, a livré une lecture critique de la gestion des exécutifs provinciaux en République démocratique du Congo, s’appuyant notamment sur la structure des gouvernements provinciaux et leur impact financier. Dans son intervention, il a tenu des propos particulièrement tranchés sur la composition des gouvernements provinciaux.
« Quand vous voyez un Gouverneur nommé dix ministres provinciaux, c’est-à-dire il a échoué totalement, je peux dire il a raté son mandat. Ce que mon tarifaire avait fait exactement. Pourquoi je le dis ? Je reviens sur le cas du Gouverneur Mputu Boleilanga Paul. Nous avions à l’époque dix ministres, trois directeurs de cabinet, trois commissaires généraux, y compris le Gouverneur et vice-gouverneur. Ça fait dix, plus de quinze conseillers au cabinet, plus de dix chargés d’études et les autres qui suivaient. »
Poursuivant son raisonnement, Jack’s Mbombaka Bokoso a détaillé les implications financières de cette organisation administrative.
« Quand je prends ça sur le plan des recettes, les ministres étaient payés à 3000 dollars. Sur les dix, ça fait 30.000 dollars. Vous prenez les commissaires généraux et les directeurs de cabinet qui sont au rang des ministres, pour tous ça fait encore 3000 et 3000 dollars. Donc l’enveloppe de paie des ministres fait déjà 48.000 dollars. Le Gouverneur qui est payé à 17.000 dollars, le vice-gouverneur à 10.000 dollars, déjà ça vous mène dans les 78.000 dollars. »
L’ancien responsable provincial a également ajouté les autres charges administratives liées au cabinet politique.
« Quand vous associez à cela 15 conseillers et que chacun d’eux est payé à 2000 dollars, ça fera 30.000 dollars. Donc l’enveloppe salariale va vers 108.000 dollars. Et quand vous ajoutez les chargés d’études, la masse salariale est déjà dans les 150.000 dollars, sans compter tous les personnels d’appoint et le bureau de représentation à Kinshasa qui avait tellement beaucoup de gens. »
Enfin, il affirme avoir été informé par une source institutionnelle des implications globales de cette structure sur les finances provinciales :
« Lorsque je discutais avec le ministre des Finances Boliyeli, il m’a révélé quelque chose : l’enveloppe salariale de la province, le gouverneur doit avoir au moins 200.000 à 280.000 dollars. C’était ça l’élément qui a facilité l’échec du Gouverneur Mputu Boleilanga à l’époque. »
À travers cette sortie médiatique, l’ancien vice-gouverneur relance le débat sur la rationalisation des équipes gouvernementales provinciales et la maîtrise de la masse salariale dans la gestion publique en République démocratique du Congo.
G.EKOLE
