Le dialogue direct engagé par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, avec les agents et cadres de l’administration parlementaire a permis de mettre fin au mouvement de grève qui paralysait depuis plusieurs jours le fonctionnement administratif de la Chambre basse du Parlement. Cette décrispation sociale est intervenue à l’issue d’une séance d’échanges tenue jeudi 14 mai à la Salle des spectacles du Palais du Peuple, à Kinshasa.
Autour du président de l’Assemblée nationale figuraient notamment le rapporteur Jacques Djoli ainsi que le secrétaire général de l’institution, Jean Nguvulu. Cette rencontre a permis aux représentants des agents grévistes d’exposer leurs revendications contenues dans un cahier des charges centré essentiellement sur l’amélioration des conditions sociales et financières du personnel administratif.
Malgré un calendrier chargé lié aux affaires de l’État, Aimé Boji Sangara a personnellement conduit les échanges afin d’écouter les préoccupations des agents. Face aux grévistes, il a reconnu la légitimité de plusieurs revendications tout en rappelant les contraintes budgétaires auxquelles l’institution est confrontée. Le président de la Chambre basse a expliqué qu’étant arrivé à la tête de l’Assemblée nationale en plein exercice budgétaire, certaines réponses nécessitent des réaménagements financiers et une gestion rigoureuse des ressources disponibles.
« Je ne peux pas vous promettre de résoudre immédiatement tous les problèmes, mais il y aura des solutions qui interviendront progressivement », a-t-il déclaré devant les agents parlementaires.
Dans la perspective d’améliorer durablement les conditions sociales du personnel, le speaker de la Chambre basse a également annoncé des opérations de contrôle destinées à identifier les effectifs réels de l’administration parlementaire. Selon lui, cette démarche permettra de rationaliser les dépenses et de dégager progressivement des marges financières.
Évoquant la problématique des nouvelles unités, Aimé Boji Sangara a dénoncé des recrutements jugés irréguliers au sein de l’administration parlementaire. Il a promis des mesures d’assainissement visant à mettre fin au recrutement anarchique et à restaurer une gestion plus rigoureuse des ressources humaines.
Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs reconnu que plusieurs difficultés actuelles, notamment les attentes liées à la promesse de quadruplement des salaires, résultent d’engagements hérités des précédentes équipes dirigeantes. Il a néanmoins insisté sur le principe de continuité de l’État, affirmant sa volonté d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations exprimées, tout en appelant les agents à faire preuve de patience et de compréhension.
De leur côté, les grévistes, par la voix du président du comité syndical de crise, Joël Kanji, ont salué la disponibilité, l’humilité et l’esprit d’écoute du président de l’Assemblée nationale. À l’issue d’une assemblée générale organisée après les échanges, ils ont décidé de suspendre le mouvement de grève.
Plusieurs agents ont également souligné qu’une rencontre aussi directe entre le président de l’Assemblée nationale et l’administration parlementaire n’avait plus été organisée depuis l’époque du Bureau dirigé par Aubin Minaku. Pour nombre d’observateurs, cette initiative marque le retour d’une gouvernance axée sur le dialogue social, la concertation et l’écoute permanente au sein de l’institution parlementaire.
G.EKOLE
