Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a exprimé ses réserves sur le processus de décentralisation mis en œuvre en République démocratique du Congo, estimant que plusieurs provinces issues du démembrement territorial ne disposent ni des moyens financiers ni des infrastructures nécessaires à leur fonctionnement.
Lors d’une conférence de presse organisée le 06 mai 2026, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le Chef de l’État a plaidé pour une approche plus réaliste et structurée du développement territorial afin de renforcer l’intégration nationale et améliorer les conditions de vie des populations.
S’exprimant mercredi à Cité de l’Union africaine, le Président Félix Tshisekedi a regretté que la décentralisation ait conduit à la création de provinces qu’il juge aujourd’hui « non viables » et dépourvues de budgets adéquats.
Selon lui, le découpage territorial a été réalisé sans une évaluation approfondie des capacités économiques et administratives des nouvelles entités provinciales.
« Nous avons aujourd’hui des provinces qui fonctionnent sans budget », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de revoir certains mécanismes afin de garantir une gouvernance territoriale plus efficace.
Le Chef de l’État a insisté sur l’importance de renforcer l’intégration nationale à travers le développement des infrastructures routières et des voies de communication. Il a notamment évoqué le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), présenté comme un levier stratégique pour désenclaver plusieurs zones du pays et favoriser la libre circulation des personnes et des biens.
Au cours de son intervention, Félix Tshisekedi a également cité le cas de Lusambo, chef-lieu de la province du Sankuru, qu’il entend rallier avant la fin de son mandat. Il a reconnu que l’état de délabrement des infrastructures dans cette partie du pays illustre les défis majeurs auxquels reste confrontée la politique de décentralisation.
Pour le Président congolais, les efforts du Gouvernement doivent désormais être orientés vers une décentralisation efficace, accompagnée d’investissements structurants capables de rendre les provinces économiquement autonomes et administrativement opérationnelles.
G.EKOLE
