La séquence politique autour de la révision constitutionnelle en République démocratique du Congo s’est accélérée. En moins de 24 heures, l’Union sacrée de la Nation (USN) est passée d’un appel à contributions citoyennes à une mise au point face aux nombreuses réactions suscitées.

À l’initiative de cette démarche, le secrétaire permanent André Mbata Betukumesu Mangu avait invité les Congolais dans un communiqué rendu public lundi 20 avril, à soumettre leurs propositions en vue d’une éventuelle révision de la Constitution. Une initiative qui intervient dans un contexte marqué par la multiplication des manifestations de soutien à une réforme constitutionnelle, observées à Kinshasa, dans plusieurs provinces ainsi qu’au sein de la diaspora congolaise répartie sur plusieurs continents.

Selon l’Union sacrée, plusieurs mémorandums ont déjà été adressés à la haute autorité politique, plaidant pour une adaptation de la loi fondamentale aux réalités actuelles du pays.
Mais rapidement, cette initiative a suscité des interprétations divergentes. Certains y ont vu une démarche engageant indirectement le Président de la République, Félix Tshisekedi, sur une question sensible.
Si l’Union sacrée assume sa position en faveur d’un changement constitutionnel, l’opposition, elle, dénonce une initiative dangereuse, estimant qu’elle pourrait fragiliser la cohésion nationale. Plusieurs voix critiques évoquent également une possible manœuvre politique visant à ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel, une hypothèse non prévue par la Constitution actuelle, qui limite le mandat du chef de l’État à cinq ans renouvelable une seule fois.
Face à la polémique, André Mbata Betukumesu Mangu a rapidement apporté des clarifications dans un communiqué publié le mardi 21 avril. Il affirme que la démarche vise uniquement à recueillir et structurer les propositions citoyennes, sans engager formellement ni les institutions ni le chef de l’État. Une commission technique devrait être mise en place pour centraliser ces contributions.
Cette évolution rapide illustre la sensibilité du débat sur la révision constitutionnelle en RDC, où toute initiative liée à la loi fondamentale cristallise immédiatement des enjeux politiques majeurs.
Matthieu BEYA
