À Kinshasa, la scène politique est marquée par une controverse autour de la gestion de la sécurité. Une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a été déposée à l’Assemblée nationale depuis le lundi 13 avril.

À l’initiative de Laddy Yangotikala, député national élu de Kisangani dans la province de la Tshopo, cette démarche intervient dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays. Selon des sources parlementaires, la motion a déjà recueilli plus de 60 signatures.

Cette initiative suscite également des tensions internes. Le regroupement politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés a officiellement pris ses distances à travers un communiqué signé par son président national, Modeste Bahati Lukwebo.
Dans ce document, l’AFDC-A se dit surprise et désapprouve la décision de deux de ses députés, Cizungu Ntaboba Landry et Placide Wenda Mukagwa, d’avoir soutenu la motion en y apposant leurs signatures. Le regroupement considère cette démarche comme isolée et contraire à ses statuts ainsi qu’à sa ligne politique, alors qu’il fait partie de l’Union sacrée de la Nation.
Tout en reconnaissant la liberté constitutionnelle des élus dans l’exercice de leur mandat, l’AFDC-A rappelle l’obligation de respecter les règles internes du regroupement. Elle demande aux deux députés concernés de retirer leurs signatures et a saisi sa commission de discipline afin d’examiner ce qu’elle qualifie de manquement.
Par ailleurs, le député initiateur de la motion a annoncé son retrait de ses fonctions au sein de son parti politique, l’Alliance pour la Vision de la République (AVRP).
« J’informe l’opinion nationale et internationale que je me retire de ma fonction de président ai de mon parti politique AVRP, pour défendre calmement la sécurité de la population avec ma motion contre le VPM de l’Intérieur. Je désire épargner les autres des pressions que je subis déjà », a déclaré Laddy Yangotikala.
Rappelons que cette démarche intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement grave. La ville de Kinshasa est plongée depuis plusieurs mois dans une insécurité persistante, marquée par des braquages, des enlèvements, des tueries et des vols à main armée.
Matthieu BEYA
