Dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes autour de la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le président rwandais Paul Kagame a réagi aux accusations récurrentes liant son pays à la rébellion du M23.

Dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique, réalisée fin mars 2026 et publiée début avril, visitée par la rédaction de Mai-ndombenews.net ce 03 avril, le chef de l’État rwandais a fermement rejeté toute implication de Kigali, tout en pointant du doigt une responsabilité congolaise, notamment celle de l’ancien président Joseph Kabila.

Au cours de cet entretien, Paul Kagame, président de la République du Rwanda, a déclaré que

« le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23 », ajoutant que ce groupe serait associé à Joseph Kabila, ancien président de la RDC (2001-2019).

Une affirmation qui relance le débat sur les responsabilités dans la persistance du conflit armé dans l’Est du pays.

Ces propos interviennent alors que Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion active principalement dans la province du Nord-Kivu. De son côté, le Rwanda a toujours nié toute implication directe, évoquant des préoccupations sécuritaires liées à la présence de groupes armés hostiles à sa frontière.

La déclaration de Paul Kagame est d’autant plus notable qu’elle semble attribuer une dimension interne au conflit, en évoquant une implication supposée de Joseph Kabila, aujourd’hui sénateur à vie et ancien chef de l’État congolais. Cette position tranche avec les accusations formulées par les autorités congolaises actuelles, qui pointent plutôt une agression extérieure.

Le conflit dans l’Est de la RDC, marqué par la résurgence du M23 depuis fin 2021, s’inscrit dans une instabilité sécuritaire plus large qui dure depuis près de trois décennies, soit environ 30 ans, depuis les suites du génocide rwandais de 1994 et les deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003). Malgré plusieurs initiatives régionales et internationales, la situation demeure volatile, avec des conséquences humanitaires majeures.

Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent, notamment sous l’égide des organisations régionales africaines, les déclarations du président rwandais risquent de raviver les tensions entre Kigali et Kinshasa, au moment où la communauté internationale appelle à une désescalade et à une solution durable au conflit.

G.EKOLE

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