Le Gouverneur intérimaire de la province du Mai-Ndombe Justin Molapi Iyolo a procédé le 16 décembre 2025, à la clôture de l’atelier de la Commission nationale de Réforme Foncière CONAREF, un Programme de Prévention et Transformation des Conflits pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo qui vise à renforcer les capacités des services de l’administration du Ministère des Affaires Foncières.
« Je remercie et rends hommage au Président de la République, Chef de l’État, pour ses efforts inlassables en faveur de la sécurisation de l’ensemble de la République démocratique du Congo. J’adresse également un mot de remerciement au Gouverneur de province, Nkoso Kevani Lebon, pour son sens de responsabilité dans la sécurisation de la province du Maï-Ndombe, Nous voici au terme de cet important atelier organisé par la Commission nationale de la réforme foncière (CONAREF) dans notre province. Je tiens à remercier les organisateurs, les partenaires techniques et financiers, ainsi que tous les participants pour la qualité de votre engagement, vos contributions et vos échanges tout au long de ces travaux », a déclaré Justin Molapi
Il a expliqué que cet atelier n’a pas été un simple exercice formel, mais plutôt un moment de réflexion collective, d’enrichissement et d’appropriation d’un processus vital : la réforme foncière. Une réforme qui,a-t-il expliqué,vise à sécuriser les droits fonciers, à réduire les conflits liés à la terre, à promouvoir une gouvernance juste et transparente, et à protéger les générations futures.
Et d’ajouter : « Je note avec satisfaction que les spécificités de notre province ont été prises en compte et que des recommandations concrètes ont été formulées pour adapter la réforme foncière à nos réalités locales. J’exhorte donc chacun, à son niveau, à mettre en œuvre les acquis sur le terrain, en collaboration avec les autorités, les communautés locales, les chefs coutumiers et les services techniques.
De son côté, Raphaël Kasongo, expert à la CONAREF et formateur de cet atelier, a expliqué sa mission
« Je suis venu ici pour appuyer notre collègue Joël dans le cadre du lancement d’un projet de renforcement des capacités de la CONAREF, du ministère des Affaires foncières et des autres services impliqués dans la gestion des terres, à tous les niveaux : provincial, territorial, jusqu’aux chefferies et secteurs », a-t-il déclaré.
Le projet, soutenu par le Programme des Nations-Unies poour le Développement avec un financement de l’ambassade de Suède, prévoit dans un premier temps une expérimentation dans trois secteurs pilotes. Il y sera mis en œuvre un système d’information foncière adapté aux réalités rurales, avec pour objectif la numérisation progressive du cadastre et la dématérialisation des processus administratifs.
Ce travail, selon l’expert, s’inscrit dans la continuité des efforts déjà engagés pour prévenir et résoudre les conflits fonciers fréquents dans la province. Il a souligné que les conflits autour de la terre sont devenus une source majeure d’instabilité, notamment dans les zones rurales.
« Ce n’est pas un simple projet à caractère commercial, mais un programme étatique visant une gestion participative et inclusive des terres, impliquant toutes les couches sociales : femmes, jeunes, communautés locales et groupes marginalisés. L’objectif est clair : contribuer à la paix durable et à la cohésion sociale par une gouvernance foncière équitable », a-t-il mentionné
L’équipe technique présente sur place est considérée comme l’avant-garde de cette réforme, chargée de transmettre le message et de coordonner les efforts sur le terrain. Il n’y a ni mystère ni miracle : c’est avant tout une question de collaboration entre les différents acteurs concernés. En toute transparence, ceux-ci doivent pouvoir identifier les causes des conflits fonciers et y apporter des réponses concrètes. Cela commence par la définition claire des droits fonciers, hérités des ancêtres, et l’usage des technologies modernes pour documenter et géoréférencer les données : villages, groupements, jusqu’à la cartographie complète des entités locales.
« L’élaboration de chartes locales est également essentielle. Ces documents permettent de formaliser les pratiques coutumières de gestion des terres, tribu par tribu, village par village, pour aboutir à un service communautaire fonctionnel au niveau de l’ETD (Entité Territoriale Décentralisée), en collaboration avec les services administratifs fonciers et autres secteurs impliqués », a-t-il insisté
Dans son discours, il a précisé que, ce processus contribue à réduire les zones de conflit. Car en travaillant ensemble, on peut définir des mécanismes alternatifs de gestion des différends, en incluant même les cours et tribunaux, tout en valorisant les rituels traditionnels pour restaurer la confiance entre les communautés.
L’objectif principal poursuivi est la pacification du pays, en commençant par celle des terres des communautés locales. Le Mai-Ndombe, l’une des provinces les plus touchées par l’insécurité, fait face à de nombreux conflits dont l’origine remonte souvent aux différends fonciers.
Sécuriser les terres communautaires représente donc un défi majeur. À ses débuts, la réforme n’était effective que dans le secteur d’Inongo, utilisé comme zone pilote.
Pour sa part, le Gouvernement provincial du Mai-Ndombe reste pleinement disposé à accompagner la CONAREF dans la suite de ce processus, ces assises ont été organisées durant 4 jours dans la salle Cinquantenaire des Sœurs d’Inongo du vendredi 12 au 16 mardi 16 décembre à Inongo.