Annoncé en grande pombe le jeudi 06 février 2025 par le gouverneur du Mai-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon avec la pose de la première symbolique, le lancement des travaux de finition de l’hôtel du Lac s’est arrêté quelques jours après.Cette réhabilitation tant attendue, censée redonner un nouveau souffle à l’économie touristique de la province du Mai-Ndombe, est actuellement au point mort, d’après notre constat sur place.

D’après une source proche de la Société Astoria Sarl, le Gouverneur Nkoso Kevani Lebon, a décidé de résilier le contrat qui liait la province à cette société, chargée des travaux. Une décision qui suscite un tollé dans les milieux juridiques et politiques locaux.

Certains estiment que la démarche du gouverneur est précipitée et entachée d’irrégularités. Plusieurs textes légaux auraient été ignorés, notamment :
- L’article 8 du Code civil congolais (Livre III), qui impose des conditions strictes à la rupture des conventions ;
- Le décret-loi n°10/22 du 2 juin 2010, modifié en mars 2023, qui réserve la compétence de résiliation d’un contrat public au pouvoir judiciaire, sauf exceptions prévues ;
- L’article 4, alinéa 2 du même décret, concernant les garanties de bonne exécution, dont le respect reste incertain.
Qu’en pense le gouverneur?
Du côté du gouvernorat de Mai-Ndombe, certaines sources renseignent que le patron de l’exécutif serait deçu de l’attitude de la Société Astoria Sarl, qui n’aurait pas tenu à sa promesse pour la réhabilitation de cet hôtel basé à Inongo.

Lors de la visite du ministre national du tourisme le 24 février 2025, le chef de l’exécutif provincial avait déclaré :
« Nous avons pris l’engagement de commencer les travaux,en attendant l’appui au niveau national. Et ce, grâce au 20 % du coût global de trois millions de dollars ( 3.000000$ ), préfinancé par l’entreprise Astoria SARL »
D’après nos informations, ce projet devait être financé au finish par des fonds de la Banque mondiale. Mais à ce jour, il n’y a aucune traçabilité sur la disponibilité et l’utilisation des fonds.

Pendant ce temps, le sujet semble être un tabou, et la cellule de communication du gouvernorat reste silencieuse quant à ce, accentuant les soupçons de détournement.
Initialement présenté comme un levier de développement local, l’arrêt des travaux de l’hôtel du Lac symbolise désormais l’enlisement bureaucratique, la rupture des engagements, l’impréparation gouvernementale et l’échec d’une promesse hasardeuse. Les populations locales, exaspérées par l’attente et les fausses promesses de leurs leaders, réclament des explications claires et des actions concrètes.
Visiblement, la résiliation du contrat, qui est à la base de ces travaux, semble avoir été menée de manière unilatérale, sans respecter les normes juridiques encadrant les contrats publics. Selon des sources concordantes , cela pourrait exposer la province à des poursuites judiciaires ou à des pénalités financières, et fragiliser la crédibilité de l’administration provinciale.
Dans un environnement où le respect des contrats est une valeur rarissime, cette nouvelle rupture ou ce manque de respect d’engagement sans justification claire ou fondement légal décourage les partenaires privés et les bailleurs de fonds.
La stabilité contractuelle est essentielle pour la confiance dans les marchés publics, rappelle-t-on.

Entre-temps, l’opacité autour de l’utilisation du financement censé provenir de la Banque mondiale, pour une somme de plus de 700.000 $, est aussi préoccupante. Cela soulève des questions sur la gestion des ressources publiques.
Par dessus tout, toute décision importante dans un dossier contractuel mérite une concertation avec les différentes parties et surtout les organes compétents , au lieu d’une décision solitaire du gouverneur.

L’hôtel du Lac restera-t-il éternellement inachevé? Le feuilleton lié à la résiliation du contrat entre le gouvernement provincial et la société Astoria Sarl est loin d’être clos. Des rebondissements pourront intervenir dans les prochains jours.
G.EKOLE et Orman BOLA
