Le Point Focal Provincial de l’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Foret(UC-PIF), Monsieur Ignace Monza Bonda, chargé d’Appuyer l’Operationnalisation et le suivi du Plan de Partage des Bénéfices du CAVRE/ERPA issus du Programme des Réductions des Émissions de Mai-Ndombe, a décortiqué la quintessence et le bien-fondé de ce Programme. Et ce,lors d’un point de presse organisé le jeudi 21 août 2025 à Inongo, chef-lieu des Installations Provinciales.
Il a, d’entrée de jeu, fait un aperçu historique et mis en lumière les objectifs, les ambitions et les retombées attendues par la Province du Mai-Ndombe dans le cadre de ce Programme.
En effet, la RDC s’est engagée et a défendu le processus REDD+ depuis 2009 et a développé un Programme des réductions des Émissions dû à la Déforestation et Dégradation à grande échelle, en vue d’octroyer des paiements en fonction des résultats dans la Province du Mai-Ndombe. L’objectif, c’est de produire un impact climatique significatif, des retombées substantiels en termes de développement et un apprentissage sans précédent pour toutes les parties prenantes notamment le fonds Carbon du FCPF.
Historiquement, depuis 2013, le Gouvernement de la RDC ,à travers le Ministère de l’Environnement et Développement Durable, développe un Programme des réductions des émissions dans la Province du Mai-Ndombe.
Le Point focal a fait savoir que la conception du document même de ce Programme s’est déroulée sur une période de 3 ans c’est-à-dire du février 2013 jusqu’en avril 2016 en consultation étroite et fréquente des parties prenantes locales, Nationales et internationales, y compris la société, les communautés locales et les Peuples Autochtones de Mai-Ndombe.
En Mars 2014, c’était la validité de la note d’idée (RPIN)
En Février 2015 , c’était le renouvellement des consultations des acteurs au niveau de Mai-Ndombe comme Province après le découpage.
Ensuite, le 11 Avril 2016 : Atelier de validation à Kinshasa,
le 08 Novembre 2016 : Soumission du document à la Banque Mondiale.
En 2017, c’était l’approbation du document par la banque Mondiale.
La mise en œuvre du cadre National REDD+ de la RDC a attiré un investissement ayant abouti à la signature d’un Contrat d’Achat/Vente des réductions des émissions (CAVRE/ERPA) avec la Banque mondiale dans le cadre du Programme des réductions des émissions dans la Province du Mai-Ndombe visant la délivrance de 11 millions de tonnes de crédit carbone, pour un montant Global de 55.000.000 $ en raison de 5$ par tonne.
Dans son intervention, Ignace Monza a donné des éléments sur le CAVRE ( Contrat Achat/Vente des réductions des émissions = ERPA (Emission Reductions Payment Agreement) en d’autres termes.
Pour une augmentation du massif forestier de la Province Juridictionnelle de Mai-Ndombe, le Point focal a relevé que, grâce à ce Programme, la RDC franchit l’étape décisive du Processus REDD+, celle du paiement basé sur le résultat.
Poursuivant son intervention, il a indiqué que la mise en vigueur du CAVRE était soumise à certaines constatations dont l’Enregistrement du Programme dans le Registre REDD, effectif le 9 septembre 2024.
Et, le certificat d’homologation du Programme des réductions de Mai-Ndombe a été signé le 13 septembre 2024 tandis que le transfert des titres l’une des conditionalités majeures a été opéré en février 2025 par le ministre des finances.
S’agissant des objectifs et ambitions du PRE, le point Focal de l’UC-PIF pour l’ERPA de Mai-Ndombe a souligné qu’il s’agit d’un modèle de Programme de développement Vert à l’échelle de la Province qui a pour but de mettre en place des alternatives et de récompenser la performance des actions qui s’attaquent aux défis de changement climatique, la réduction de la pauvreté, la conservation des ressources naturelles et la protection de la biodiversité.
Le PRE sert aussi bien comme un vaste programme Provincial avec une large gamme d’activités de renforcement des lois et des incitations, qu’un parapluie pour des projets visant des acteurs et moteurs de la déforestation.
Le PRE aligne les activités fiancées par FIP et CBFF, et inclut aussi bien des activités habilitantes que celles des réductions émissions.
Le PRE pilote les standards REDD+ de juridiction imbriquée de VCS et le standard REDD+ SES
Que retenir du Plan de Partage des Bénéfices du CAVRE/ ERPA dans le cadre de mise en œuvre du PRE ?
Le Plan de Partage des bénéfices assure un partage équitable , encourage la participation des communautés Locales et Peuples ( CoLO et PA), répartit équitablement les bénéfices aussi bien monétaires que non monétaires, assure une Gestion Durable des ressources forestières et renforce les CoLo et PA pour atteindre des résultats escomptés à long terme.
Succinctement, les principes du Plan de Prtage des Bénéfices exige :
- l’équité et la transparence
- l’inclusivité avec une participation active des CoLo et PA
- la flexibilité
- la double approche cad un paiement basé sur la performance et non basé sur la performance.
Pour enrichir son intervention, le Point focal énumère les types de bénéfices et de paiements dans le cadre du CAVRE/ERPA.
Deux bénéfices à savoir :
1) Bénéfice Carbone
2) bénéfice non carbone
Quant au paiement , il est prévu deux types de paiements à savoir :
1) Paiement non basé sur la performance : versé aux Peuples Autochtones et aux communautés pour reconnaître leur engagement historique et garantir leur implication continue dans les activités du PRE
2) Paiement basé sur la performance : prévu pour la participation aux activités ayant permis de générer des réductions des émissions par rapport au niveau de référence du Programme et/ou le sous -niveau de référence d’un projet imbriqué.
La mention est faite sur la clé de répartition entre bénéficiaires.
Il a brossé comment le fonds est réparti aux bénéficiaires.
Il a indiqué que dans le cadre du paiement non basé sur la performance, l’UC-PIF a sa qualité de l’UGP, bénéficie un montant de 2,5 millions de $ lui permettant de faire face aux coûts opérationnels.
Dans le cadre du même paiement c-à-d le paiement non basé sur la performance, le Gouvernement Provincial du Mai-Ndombe bénéficie d’un montant de 2.000.000 $, ce sont là les Paiements Bruts.
Tandis que les CoLo et PA auront 2% chacune de récompense sur base de la reconnaissance historique dans la conservation des forêts leur léguées, autrement dit pour reconnaître leur engagement historique et garantir leur implication continue dans les activités du PRE.
Les porteurs des projets privés auront 17% du fonds équivaut à 8,8 millions de $
Le reste soit 39,7 millions de $ versé pour les investissements au profit des communautés de toute la juridiction de Mai-Ndombe pour leur participation aux activités ayant permis de générer des réductions des émissions par rapport au niveau de référence.
Et cela permettra à la province de saisir l’enjeu majeur du PRE, celui de maintenir le cercle vertueux du carbone qui a été installé dans la province du Mai-Ndombe en vue d’émettre de crédits des réductions des émissions de haute intégrité et ainsi capter d’autres financements climatiques.
Il sied de rappeler quelques articulations en rapports avec les composantes du PRE.
Le PRE prévoit quatre composantes à savoir :
1) Amelioration de la planification de l’utilisation des ressources et de la gouvernance pour la gestion des ressources naturelles dans les zones ciblées ;
2) Développement de l’agriculture durable et l’agroforesterie et des chaînes de valeur pour la gestion durable des paysages et l’amélioration des moyens de subsistance;
3) Approche améliorée et innovantes en matière de mesure, de notification et de vérification et enfin de financement du climat basé sur les résultats;
4) Mise en œuvre, suivi et évaluation du projet.
Avant de boucler cet entretien, le point focal a lancé un appel de mobilisation, de l’engagement de toute les parties prenantes pour l’appropriation du programme par les communautés de bases sur toute l’entendue de la province du mai-Ndombe.
C’est sous la supervision technique de la Banque mondiale et avec l’appui de l’UC-PIF, la RDC a soumis le premier Rapport de Suivi du programme (2019–2020) qui a été validé et le pays a reçu le premier paiement d’une valeur de $19,47 millions.
G.EKOLE
