Le Gouverneur de la province du Mai-Ndombe a officiellement lancé, le mercredi 21 mai 2025, le processus de renouvellement des Commissions Consultatives de Règlement des Conflits Coutumiers (CCRCC) à Inongo. Cette relance s’inscrit dans un vaste programme de restauration de l’autorité coutumière et de résolution pacifique des conflits traditionnels dans les secteurs et chefferies.

Lors de son discours prononcé devant les autorités provinciales, dont le vice-gouverneur, les ministres, les députés provinciaux, les membres du comité provincial de sécurité ainsi qu’une forte délégation de chefs coutumiers, le Gouverneur a tenu à remercier le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour sa vision en faveur du bon fonctionnement des institutions de la République.

Souhaitant s’adresser directement aux chefs coutumiers dans une langue qu’ils comprennent bien, il a poursuivi son discours en lingala, insistant sur l’importance du travail des CCRCC, initié avec succès en 2018 sous l’administration du gouverneur Gentiny Ngobila. Il a toutefois déploré la dégradation progressive de ce mécanisme ces dernières années, attribuée notamment à l’ingérence des acteurs politiques et à des cas de corruption.

« En 2018, les décisions prises par les CCRCC étaient respectées, il n’y avait ni corruption, ni pression. Aujourd’hui, l’argent et la politique ont tout gâché », a-t-il regretté.

Le Gouverneur a également salué l’Assemblée provinciale pour ses recommandations claires, notamment celle de relancer les CCRCC en priorité, en réponse à la recrudescence des conflits liés à la succession des chefs coutumiers.

Il a rappelé que la loi confie exclusivement aux chefs coutumiers la responsabilité de trancher les litiges coutumiers, et non aux autorités politiques. Tout en appelant les chefs à la rigueur, il a averti que des sanctions sévères seront désormais prises contre ceux qui bafoueront les procédures.

Un exemple récent a été cité : l’arrestation d’un individu qui s’est autoproclamé chef coutumier en violation flagrante des règles établies, en invoquant une prétendue désignation par les ancêtres. Le dossier a été transféré au parquet, et l’individu pourrait être placé en détention militaire pour usurpation d’autorité.

« Dans un groupement ou une chefferie, il ne peut y avoir qu’un seul chef. Quiconque se proclamera chef en dehors du processus légal sera emprisonné », a martelé le Gouverneur.

Le conflit survenu à Bolobo, impliquant une intronisation contestée, a également été cité comme l’un des exemples tragiques où les désaccords coutumiers ont dégénéré en violences meurtrières.

Pour le Gouverneur, il est temps de revenir à l’ordre, à la transparence et à la droiture, comme ce fut le cas en 2018. Il a encouragé les chefs coutumiers à s’éloigner de l’influence politique et à rester fidèles aux valeurs et traditions qu’ils incarnent.

« Nous voulons retrouver l’esprit de 2018, celui de la paix, du respect des règles et du travail bien fait », a-t-il conclu.

Trois grandes rencontres sont prévues dans le cadre de ce processus de relance : après Inongo, elles auront lieu à Nioki et à Mushie.

Merveille META et Israël BONGO

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