Le chef de division de la santé, Roger Nkosi, a présenté les difficultés que rencontre l’hôpital de référence d’Inongo, dans la province du Mai-Ndombe. Dans une interview accordée, vendredi 16 mai 2025, à la rédaction de Mai-ndombenews.net, Il a fait un diagnostic alarmant et a appelé à une mobilisation urgente pour redresser cet établissement sanitaire de référence du chef-lieu de la province.

« L’ état de cet hôpital, comme tout le monde le dit, fait mal au cœur », a-t-il déclaré. Roger Nkosi insiste sur le fait que les récentes mobilisations au sein de la Direction Provinciale de la Santé (DPS) ne concernent pas seulement quelques cadres, mais révèlent un problème bien plus profond. « Le problème est multidisciplinaire et ancien », précise-t-il, rappelant que la DPS multiplie les réunions pour trouver des solutions. Pourtant, la situation reste déplorable.

En ce qui concerne la qualité des soins, le constat est largement inquiétant. L’accès aux soins d’urgence est compromis, explique ce chef de division : « Un enfant en manque de sang doit aller au laboratoire, mais là-bas il n’y a même pas de tests disponibles. À la pharmacie, il n’y a pas de médicaments. On laisse le malade aller acheter lui-même, même un simple diazépam. » L’hôpital, censé être une référence publique, est contraint de recourir aux fournisseurs privés pour s’équiper, mais les matériels disparaissent. « Qui les fait disparaître ? Ce sont malheureusement nous-mêmes, les agents de l’hôpital », déplore-t-il, évoquant des pertes répétées de matériel sans aucune sanction.

L’accueil des patients est également problématique : « Le temps d’attente avant de voir un médecin est trop long, de l’accueil à la consultation puis à la réalisation des examens. Ce sont des problèmes sur problèmes, qui impactent la satisfaction des patients. » Le nouveau directeur médical devra, selon lui, s’atteler à réorganiser progressivement ces dysfonctionnements avec le soutien des autorités sanitaires.

Le volet gestion des ressources humaines est lui aussi critiqué. Malgré un effectif important, « les agents sont mal payés et peu motivés ». Le directeur dénonce un désordre « quasi-jungle » dans l’organisation du travail : « Certains arrivent en retard, d’autres ne viennent pas sans être inquiétés. Il n’y a pas de remise de service ni de responsabilité sur le matériel. » Ce laxisme conduit à des disparitions de matériel et à une dégradation générale du service. Roger Nkosi appelle à un recadrage rigoureux pour restaurer la dignité d’un établissement censé être une référence provinciale.

La gestion financière fait également partie des difficultés majeures : « L’argent collecté par les chefs de pavillons ne revient même pas dans la caisse de l’hôpital. » Il réclame plus de transparence et de contrôle pour éviter ces détournements.

Enfin, l’état de l’assainissement est jugé « grave ». « L’hôpital ressemble à une forêt, avec des risques sanitaires élevés. L’assainisseur semble dépassé par la tâche faute d’organisation et de leadership. » Il propose d’attribuer clairement des portions de terrain à chaque travailleur, dont l’assainisseur, pour que chacun rende son espace propre et participe à l’amélioration de l’environnement.

En conclusion, Roger Nkosi estime qu’il faudra repartir de zéro dans la gestion financière et humaine pour sauver l’hôpital. « La pharmacie et le laboratoire fonctionnent mal, il y a un manque d’organisation flagrant. Ce sont des services essentiels et leur dysfonctionnement aggrave la crise. »

Ce témoignage franc et sans concession met en lumière une réalité douloureuse : l’hôpital provincial d’Inongo est en crise profonde. Le défi désormais est de mobiliser les acteurs autour d’un plan de redressement ambitieux pour que ce centre de santé retrouve enfin sa place de référence dans la province.

Merveille META et Israël BONGO

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