L’insécurité ne connaît pas de répit dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Dans la nuit du 18 au 19 avril, Isidore, un agent de Médecins Sans Frontières (MSF), a été mortellement touché par une balle perdue alors qu’il se reposait à son domicile du quartier Birere. D’après des témoins, des hommes armés tentaient de dépouiller des passants lorsque des coups de feu ont éclaté. « Il ne représentait aucune menace. Il était simplement chez lui. La balle l’a atteint en pleine nuit, sans avertissement », a rapporté un voisin sous anonymat.

Ce drame intervient dans une zone où le mouvement armé M23, sous la bannière de l’AFC, exerce un contrôle effectif. Une présence qui, loin de rassurer les habitants, semble coïncider avec une montée de la criminalité. « Comment peut-on parler de sécurité alors que même chez soi, on n’est plus à l’abri ? » s’indigne un habitant de Masisi-centre. La mort d’Isidore ajoute un nom de plus à la longue liste de victimes collatérales de l’instabilité chronique.

Quelques heures après cette tragédie, un autre corps sans vie a été découvert sous le pont Kiterire, à proximité de l’église de la 8e CEPAC. La victime, un jeune homme d’environ vingt ans, portait de nombreuses traces de violences, selon les premières constatations. « Il aurait été sauvagement agressé avant d’être abandonné là », a déclaré Mapendo Balingene César, chef du centre de Masisi, confirmant la macabre découverte.

Ces événements font suite à l’assassinat, le 15 avril, du cinéaste et sculpteur local Kibira Butataanya Grace, abattu à Ngesha. Trois morts en moins d’une semaine, dans un climat d’impunité qui alimente la peur et le sentiment d’abandon. « Masisi saigne. Nous ne pouvons plus vivre dans cette insécurité permanente », alerte un leader communautaire. La population appelle les autorités à des mesures concrètes pour mettre fin à cette spirale meurtrière.

Siméon TUENDELE

By admin